Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/223

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souffrir sous la Restauration. Depuis 1854, il appartient aux Dominicains, qui l'ont relevé.

SORGUES (la), affluent du Rhône, sort de la Fontaine de Vaucluse, et s'unit à l'Ouvèze et à la Nesque à 3 kil. de Sorgues pour grossir le Rhône; 35 kil.

SORGUES, v. murée du dép. de Vaucluse, au confluent de la Sorgues et de l'Ouvèze, à 9 kil. N. E. d'Avignon; 4775 h. Aux env., ancien monastère de Gentilly.

SORIA, Numantia nova, v. d'Espagne (Vieille-Castille), ch.-l. de l'intendance de Soria, sur le Douro, à 23 kil. N. O. de Madrid; 6000 hab. Beau pont en pierre, palais des comtes de Gomara. Commerce de laines. C'est aux environs qu'était Numance. Soria fut fondée en 1122 par Alphonse le Batailleur, roi d'Aragon, et cédée en 1136 au roi de Castille Alphonse VIII. Elle avait le titre de comté. — L'intendance de Soria, entre celles de Burgos au N. O., de Saragosse à l'E., de Cuença au S. E., de Guadalaxara au S., de Ségovie au S. O., et de Navarre au N. O., a env. 120 kil. sur 130, et est fort montagneuse, sauf sur les bords du Douro : elle a 145 000 hab.

SORIANO, v. de l'Italie centrale (Viterbe), au pied d'une montagne, à 9 kil. E. de Viterbe; 5500 h. Titre de principauté. Carlo Orsini y vainquit en 1497 les troupes du pape Alexandre VI.

SORLINGUES (îles), Scilly en anglais, Cassitérides chez les anciens, groupe d'îles de la Manche, sur la côte du comté de Cornouailles : 145 îlots, dont 6 habités; 2700 hab., presque tous pêcheurs; ch.-l., Newton (dans l'île Ste-Marie, qui est la plus grande). Antiquités druidiques. Ces îles possédaient jadis de riches mines d'étain, qui furent exploitées par les Phéniciens et les Grecs, et qui leur valurent le nom de Cassitérides (du grec kassitéros, étain).

SORNAC, ch.-l. de c. (Corrèze), à 23 kil. N. O. d'Ussel; 1652 hab.

SOROE, v. du Danemark, dans l'île de Seeland, à 80 kil. S. O. de Copenhague; 1000 hab. Académie (école) jadis célèbre, pour les sciences politiques, juridiques, mathématiques; bibliothèque, cabinet de physique; ferme-modèle.

SORR, vge de Bohême (cercle de Kœnigingrætz). Les Prussiens y battirent les Autrichiens en 1745.

SORRENTO, Surrentum, v. d'Italie, dans l'anc. roy. de Naples (Naples), sur la côte S. du golfe de Naples, à 25 k. S. de cette ville; 6000 hab. Archevêché, belle cathédrale, ruines antiques, grottes curieuses. Patrie du Tasse. — Surrentum, fondée par les habitants de Cumes, fut longtemps une république indépendante; elle devint sous Auguste colonie militaire. Elle souffrit beaucoup de l'éruption du Vésuve eu 79 de J.-C., et fut depuis saccagée par Odoacre et par Mustapha-Pacha. Chez les anciens, elle avait des fabriques renommées de vases d'argile.

SORTS. V. ORACLES.

SOSIGÈNE, philosophe péripatéticien et astronome d'Alexandrie, s'était fait connaître par divers ouvrages de philosophie et de physique, notamment par un traité sur la Longueur de l'année, lorsqu'il fut appelé par J. César pour réformer le calendrier romain : il fut le principal membre de la commission qui opéra cette réforme et introduisit le calendrier Julien (46 av. J.-C.). Il se contenta de mettre en vigueur le cycle de 4 ans trouvé par Eudoxe en Égypte : il paraît qu'il saisit l'erreur qui avait été commise dans ce système en négligeant quelques minutes de reste et qu'il comprit que quelque jour il serait nécessaire de la corriger; mais il le préféra à cause de sa simplicité.

SOSPEL ou SOSPELLO, Hospitellum, ch.-l. de c. (Alpes marit.), sur la Bevera, à 26 kil. N. E. de Nice; 3936 h. Les Français la prirent sur le duc de Savoie en 1692, et y vainquirent les Piémontais en 1793.

SOSTHÈNE, général macédonien, repoussa une invasion des Gaulois, fut en récompense proclamé roi de Macédoine après la mort de Méléagre, fils de Ptolémée Céraune, 279 av. J.-C., mais fut tué peu après dans un nouveau combat contre les Gaulois que commandait le second Brennus.

SOSTRATE, architecte grec, de Cnide, qui florissait au IIIe s. av. J.-C., embellit Cnide de promenades et de terrasses soutenues par des arcades, fut appelé en Égypte par Ptolémée Philadelphe, et construisit le fameux phare d'Alexandrie.

SOTADÈS, poëte grec, natif de Maronée en Thrace, vivait dans le m" s. av. J.-C. à la cour de Ptolémée Philadelphe, roi d’Égypte; il ne se fit connaître que par ses poésies licencieuses ou frivoles et par ses sarcasmes. Ptolémée, irrité de ses satires, le fit jeter à la mer, enfermé dans un sac de plomb. Sotadès avait inventé ce genre de vers qu'on nomma d'après lui vers sotadique, et qu'on peut lire également de droite à gauche ou de gauche à droite, en y retrouvant les mêmes mots. En voici un exemple:

Roma tibi subito motibus ibit amor.

SOTER. V. PTOLÉMÉE I et VIII et DÉMÉTRIUS.

SOTHIS, nom que les Égyptiens donnaient à l'étoile appelée Sirius ou Canicule. On nommait Période sothiaque une période de 1460 ans, au bout de laquelle l'année coïncidait avec l'année religieuse chez les Égyptiens : on l'appelait ainsi parce que la période commençait et finissait avec le lever héliaque de sothis. On fait commencer le premier cycle sothiaque en l'an 2782 av. J.-C. et le second en 1322.

SOTIES, farces satiriques du vieux théâtre français. 7. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.

SOTO (Dominique), théologien espagnol, né à Ségovie en 1494, m. en 1560, était fils d'un jardinier. Il étudia sans maître, entra chez les Dominicains en 1524, professa avec succès à Salamanque, fut envoyé par Charles-Quint au concile de Trente (1545), puis devint confesseur de l'empereur. Pris pour arbitre dans le différend élevé entre Las Casas et Sépulvéda au sujet des Indiens réduits en esclavage, il décida en faveur du premier. Il a laissé des traités de théologie estimés (De Justitia et Jure, de Natura et Gratia, de Tegendis secretis), et des Commentaires sur Aristote et Pierre Lombard.

SOTO (Fernand de), de Villanueva en Estramadure, suivit Pizarre à la conquête du Pérou, fut nommé gouverneur de Santiago de Cuba et des pays qu'il soumettrait, releva La Havane, ruinée par des corsaires français (1528), entreprit en 1539 la conquête de la Floride, soumit une partie du pays, mais périt dans une de ses expéditions, en 1542.

SOTO (L. BARAHONA de), poëte espagnol du XVIe s., né à Lucena (Grenade), exerçait la médecine. Il fut l'émule de Garcilaso dans ses odes, ses chansons et ses églogues : son poëme Las Lagrimas de Angelica est un des meilleurs de la langue espagnole.

SOTO-MAYOR (SAN-SALVADOR de), v. d'Espagne (Santiago), à 22 kil. N. E. de Vigo ; 2500 h. Titre de comté. Vieux château des comtes de Soto-Mayor.

SOTTEVILLE, vge du dép. de la Seine-Inf., sur la Seine, à 2 kil. S. de Rouen; 8990 hab. Filatures de coton, raffinerie de salpêtre; crème renommée.

SOU, c.-à-d. rivière. V. le mot qui accompagne.

SOUABE, en allem. Schwaben, en lat. Suevia, région de l'anc. Allemagne, dans le S. O., n'avait pas de limites bien fixes. On lui donnait pour bornes au N. la Thuringe, à l'O. la Forêt-Noire, à l'E. la Bavière; au S., elle s'avançait au delà du Rhin et jusqu'en Suisse : Zurich en était la ville principale; on y trouvait aussi Augsbourg, Ulm, Constance, Tubingue, Bade, Hall, Rhinfeld, Nordlingue, Essling. Le pays était divisé en nombreux gaus ou cantons : Nagoldgau, au N. du Necker; Kraichgau, Iaxtgau, Kochergau, Brenzgau (ainsi nommés des riv. de Kraich, Iaxt, Kocher, Brenz, qui les arrosaient); plus tard il fut divisé en comtés et seigneuries diverses. — Le nom de Souabe, dérivé de Suèves (V. SUÈVES), ne devint très-usité qu'au Xe s. : auparavant, ce pays se nommait Alémannie. Il forma sous ce premier nom un duché de l'empire mérovingien jusqu'en 746, puis fut administré par des nonces et redevint duché après 843. En 912, Erchanger en usurpa la souve-