Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/247

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afin de reconquérir pour son père la couronne d'Angleterre, alla débarquer en Écosse en 1745, réunit autour de lui beaucoup de chefs des highlands, entra dans Édimbourg, battit l'ennemi à Preston-pans et pénétra jusqu'à Derby, à deux journées de Londres; mais l'indiscipline et l'irrésolution des chefs écossais le forcèrent à la retraite. De retour en Écosse, il gagna la bataille de Falkirk, mais fut vaincu à Culloden (1746) ; il se vit obligé de se cacher, et ne réussit qu'avec des peines inouïes à s'échapper et à regagner la France. Forcé de sortir de France après la paix d'Aix-la-Chapelle (1748), il alla chercher un asile en Italie, où il vécut sous le nom de Comte d'Albany. Il reparut en Angleterre en 1753 et 1761, mais furtivement et sans réussir à rien; il mourut à Florence en 1788, sans postérité. Charles-Édouard avait dans sa jeunesse du feu, de l'audace et des manières chevaleresques; dans ses dernières années, il s'abandonna honteusement à l'ivrognerie. Il avait épousé en 1772 la belle comtesse de Stolberg, avec laquelle il ne vécut pas longtemps d'accord (V. ALBANY). Amédée Pichot a donné en 1829 son Histoire; Klose a publié ses Mémoires, Lond., 1845.

STUART (H. Benoît), 2e fils de Jacq.-Édouard, né en 1725, m. en 1807, porta d'abord le titre de duc d'York. Il entra dans l'Église, vécut à Rome et fut créé cardinal d'York; à la mort de son frère (1788), se regardant comme roi légitime, il se fit nommer Henri IX. En lui finit la race masculine des Stuarts.

STUART (lady Arabella), fille de Charles Stuart, comte de Lennox, frère cadet de Henri Darnley (le 2e époux de Marie Stuart), descendait de Henri VII par une fille de ce prince, Marguerite, et pouvait avoir des prétentions sur le trône d'Angleterre. Après la mort d’Élisabeth, quelques nobles ayant conçu à son insu le projet de la placer sur le trône à l'exclusion de Jacques, roi d’Écosse, ce prince la fit jeter dans une prison où elle resta jusqu'à sa mort, qui eut lieu en 1615. Elle avait alors 38 ans.

STUART (James), architecte et antiquaire, né en 1713 à Londres, m. en 1788, visita avec Revett l'Italie et la Grèce de 1750 à 1755, dessina les principaux monuments d'Athènes, et publia à son retour les Antiquités d'Athènes, ouvrage magnifique, en 4 vol. in-fol., 1762-1815, traduit par Feuillet, 1808-1815, et complété depuis par un Supplément (1830).

STUART (J.), comte de Bute. V. BUTE.

STUHLWEISSEMBOURG, Alba Regia en latin moderne, Szekes-Fejervar en madgyar, v. de Hongrie, ch.-l. de comitat, à 58 kil. S. O. de Bude; 20 000 hab. Évêché. Belle cathédrale et quelques autres édifices. Ruines qui prouvent son ancienne importance (elle a été 500 ans la résid. et le lieu de sépulture des rois de Hongrie). Eaux thermales. Fondée par S. Étienne au commencement du XIe s., elle fut prise par Soliman en 1543 ; reprise sur les Turcs en 1601, par le duc de Mercœur; occupée de nouveau par les Turcs en 1602; elle ne fut définitivement reprise qu'en 1688 par Léopold. Elle fut démantelée en 1702. — Le comitat de St., dans le cercle au delà du Danube, entre les comitats de Pesth, Tolna, Veszprim, Kœmœrn, compte 182 000 hab. Sol montagneux au N., plat et marécageux ailleurs.

STUHM, bg des États prussiens (Prusse), à 20 k. N. E. de Marienwerder; 1200 hab. Gustave-Adolphe, roi de Suède, y battit les Polonais en 1628.

STURA, nom de 2 riv. de l'Italie sept. : l'une affluent du Pô, où elle tombe à 4 k. N. N. E. de Turin, a 60 kil. de cours, — l'autre, dont le cours est de 155 k., arrose la prov. de Coni et tombe dans le Tanaro à Cherasco. De 1801 à 1814, cette dernière a donné son nom au dép. franç. de la Stura, formé de la partie S. O. du Piémont, qui avait pour ch.-l. Coni.

STURE (STENON), l'Ancien, administrateur du roy. de Suède après la mort de Charles VIII, son oncle (1470-1503), soutint avec succès la guerre contre Christian I de Danemark et repoussa les Russes de la Finlande, mais eut à lutter contre les ennemis intérieurs, qui le renversèrent en 1497. Rétabli en 1501, il chassa les Danois de la Suède, et garda le pouvoir jusqu'à sa mort, en 1503. Stenon-Sture fit entrer les laboureurs dans les diètes de l'État, fonda l'Université d'Upsal, et introduisit l'imprimerie en Suède. — Svante Nilson Sture, maréchal de Suède, remplaça Stenon Sture comme administrateur, gouverna la Suède de 1503 à 1512, et laissa en mourant le pouvoir à son fils Stenon Sture. — Stenon Sture, le Jeune, administrateur de Suède de 1512 à 1520, combattit à main armée Gustave Troll, archevêque d'Upsal (1517), qu'un parti lui opposait, et le réduisit à se réfugier en Danemark, mais fut bientôt en guerre avec Christian II, roi de ce pays : d'abord vainqueur des Danois (1518), il fut en 1520 vaincu lui-même à Bogesund et mourut de ses blessures. Sa veuve défendit héroïquement Stockholm, mais fut enfin forcée de se rendre : elle eut la douleur de voir le corps de son époux déterré et brûlé publiquement. — La famille Sture s'éteignit en 1716.

STURLESON. V. SNORRO-STURLESON.

STURM (Jean), Sturmius, humaniste, né en 1507 à Schleiden (grand-duché du Bas-Rhin), m. en 1589, enseigna quelque temps les lettres à Paris, puis devint recteur du gymnase de Strasbourg, poste qui lui fut enlevé en 1582 parce qu'il avait embrassé le Protestantisme. Il a beaucoup écrit sur la rhétorique, entre autres : De amissa dicendi ratione, Strasb., 1538; De imitatione oratoria, 1574; De elocutione oratoria, 1576, et a laissé des notes sur les écrits d'Aristote, d'Hermogène, de Cicéron, relatifs à cet art.

STURM (Jean Christophe), savant, né en 1635 à Hilpolstein (principauté de Neubourg), m. en 1703, ministre évangélique et professeur de physique et de mathématiques à l'Académie d'Altdorf, restaura et popularisa les sciences physiques en Allemagne : s'il n'a pas fait de découvertes, il a répandu le goût des études scientifiques et les a facilitées par de bonnes compilations. Son meilleur ouvrage est son Collegium experimentale curiosum, Nuremb., 1676-85, 2 vol. in-4. — Son fils, Léonard Christophe, architecte, 1669-1719, intendant des bâtiments du duc de Mecklembourg, a laissé, entre autres ouvrages: Parallèle des systèmes de fortification de Vauban, Cohorn et Kimpler, Augsbourg, 1718; Idée et abrégé de l'architecture civile et militaire, 1718-20. — Christophe Chrétien, prédicateur, parent des précédents, né en 1740 à Augsbourg, m. en 1786, fut d'abord instituteur, puis pasteur à Magdebourg et à Naumbourg. On a de lui : Anecdotes tirées des auteurs grecs et romains, Halle, 1767 ; Entretiens avec Dieu aux heures du matin, 1768; Méditations sur les œuvres de Dieu dans l'ordre de la nature et de la Providence, 1775, ouvrage populaire, traduit en français par la reine de Prusse Élisabeth-Christine.

STURM (Ch.), mathématicien, né à Genève en 1804, m. en 1855, professa les mathématiques au collége Rollin, puis l'analyse et la mécanique à la Faculté des sciences de Paris et à l'École polytechnique. On lui doit le beau théorème d'algèbre connu sous le nom de Théorème de Sturm, qui facilite singulièrement la résolution des équations numériques et qui lui fit décerner par la Société royale de Londres la médaille de Copley. Il fut admis à l'Acad. des sciences en 1836. Son Cours d'analyse a été publié par E. Prouhet, 1857-60, avec une Notice sur l'auteur.

STUTTGARD, capit. du roy. de Wurtemberg (Neckar), sur le Nesenbach, à 6 kil. du Neckar et à 580 kil. E. de Paris ; 52 000 h. Château royal et vieux château, palais du prince royal, hôtel des États, église Ste-Croix (anc. collégiale), musée, riche bibliothèque, théâtre, archives, bâtiments du Gymnase illustre; place du château, avec la statue de Schiller (né aux environs). Chemin de fer, belles promenades, environs délicieux. Gymnase (espèce d'université), école royale des arts, institut de Catherine, école vétérinaire, école des forêts. Manuf. de pianos, fabriques d'instruments de mathématiques, de