Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/257

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Louis XII (1510), fut jeté par ce prélat dans un cachot, parvint à s'échapper, releva son parti et força le cardinal à s'enfuir à Rome; mais il fut mis par Charles-Quint au ban de l'empire et finit par succomber : il mourut en exil, à Vevey en 1529.

SUPPLENBOURG, anc. château de la Saxe, jadis résidence des comtes de Supplenbourg, entre les comtés de Brunswick et de Sommersenbourg, aux environs de Scheningen, se trouva compris (après le morcellement du duché de Saxe et après divers partages entre les princes de Brunswick) dans la principauté de Wolfenbuttel. Le plus connu des comtes de Supplenbourg est Lothaire, qui régna sur l'Allemagne de 1125 à 1138, et eut pour gendre Henri le Superbe. Il céda en 1130 le château de Supplenbourg et quelques villages aux Templiers, qui en firent une commanderie. Celle-ci, lors de l'abolition de l'ordre, passa aux Hospitaliers de St-Jean de Jérusalem.

SUPRALAPSAIRES, Calvinistes qui faisaient remonter la prédestination de l'homme au delà même de la chute d'Adam (supra lapsum), et qui prétendaient que Dieu avait rendu la chute du premier homme inévitable, afin de pouvoir manifester sa justice et sa miséricorde à l'égard de la race humaine. Cette secte se forma en Hollande au XVIIe s., à la suite du synode de Dordrecht.

SUPRÊME (la). V. INQUISITION.

SURA, anc. v. de la Babylonie, sur l'Euphrate, entre Babylone et Apamée. Les Juifs y eurent une école célèbre. Titre d'évêché in partibus.

SURATE, v. de l'Inde anglaise (Bombay), dans le Guzzerat, sur la r. g. du Tapti, à 31 kil. de son embouch., à 270 N. de Bombay; 200 000 hab. (dont beaucoup de Guèbres). Résidence de la cour suprême de justice de la présidence de Bombay. Petit château fort et petit port; rues étroites, tortueuses, maisons hautes, dont les étages supérieurs avancent sur les inférieurs; hôpital pour les animaux, entretenu par la piété des Hindous. Commerce actif, mais le voisinage de Bombay lui a fait beaucoup de tort. — Surate est une ville très-ancienne. Les Musulmans l'appellent la Porte de la Mecque, parce qu'on s'y embarque en foule pour le pèlerinage. Elle prit un développement énorme après la découverte du cap de Bonne-Espérance, et son port fut fréquenté par tous les peuples européens; mais elle est auj. bien déchue. Les Mongols s'en emparèrent en 1572. En 1612, la compagnie anglaise des Indes y établit son premier comptoir dans l'Hindoustan ; les Français et les Hollandais obtinrent ensuite le même privilège. Les Mahrattes l'attaquèrent souvent de 1664 à 1707, mais ne purent la prendre. Les Anglais se la firent céder en 1800. Les Français y ont une factorerie.

SURCOUF (Robert), fameux corsaire, né en 1773 à St-Malo, m. en 1827, descendait, dit-on, par sa mère de Duguay-Trouin. Capitaine à 20 ans, il déploya dans toutes les mers, et surtout dans l'Inde, une intrépidité qui le rendit la terreur du commerce anglais : quelques-uns de ses exploits sont vraiment fabuleux. Pendant la paix, il se livra à des spéculations commerciales qui l'enrichirent. Ch. Cunat a écrit son Histoire, 1842.

SURÉNA. Ce nom, qui n'était d'abord qu'un titre de dignité désignant le commandant en chef des armées persanes, a été dans la suite pris pour nom propre. On connaît spécialement sous ce nom un général d'Orode, roi des Parthes, qui remporta sur Crassus, en Mésopotamie, la victoire décisive de Carrhes, l'an 53 av. J.-C. Il ternit sa gloire en faisant assassiner par trahison le général romain, qui était venu dans son camp pour traiter de la paix. Peu après, son orgueil et son despotisme le rendirent suspect à Orode, qui le fit mettre à mort, 52. Suréna a fourni à P. Corneille le sujet de sa dernière tragédie.

SURESNES, vge du dép. de la Seine, sur la r. g. de la Seine, à 10 kil. O. de Paris, au pied du mont Valérien (Calvaire); 4556 h. Vignoble renommé au XVIe s. et qui ne donne plus que du vin de qualité inférieure. Jolies maisons de campagne. On couronne tous les ans à Suresnes une rosière, à l'instar de celle de Salency. — C'était jadis une terre seigneuriale, que Charles le Simple donna à l'abbé de St-Germain des Prés. C'est à Suresnes qu'eut lieu la conférence à la suite de laquelle Henri IV abjura (1593). Patrie de Ch. Perronet.

SURGÈRES, ch.-l. de c. (Charente-Inf.), sur la Gère, à 27 kil. N. E. de Rochefort, 3289 h. Vieux château du temps de Charles VIII, belle halle, construite en 1840. Vins, eaux-de-vie, distilleries.

SURIN (le P.), jésuite, né à Bordeaux en 1600, m. en 1665, fut chargé en 1634, après l'exécution d'Urbain Grandier, de diriger les Ursulines de Loudun, que l'on croyait possédées, et tomba lui-même dans un état fort analogue qui le fit croire ensorcelé.

SURINAM (le), riv. de Guyane, traverse le S. O. de la Guyane française, puis la Guyane hollandaise, passe à Paramaribo, et se jette dans l'Atlantique, après un cours de 400 kil., dirigé généralement du S. au N. — On nomme Gouvt de Surinam la Guyane hollandaise.

SURINTENDANT, titre donné dans l'ancienne monarchie française à plusieurs charges différentes. Le titre de Surintendant des finances fut créé par Philippe le Bel pour Enguerrand de Marigny vers 1300, et supprimé après la disgrâce de Fouquet, en 1661. — Celui de Surintendant général de la navigation, créé par Louis XIII pour le cardinal de Richelieu, fut conféré plus tard à César, duc de Vendôme, et au duc de Beaufort, son fils ; il disparut à la mort du dernier, 1669. — Sous Louis XV, le marquis de Marigny, frère de Mme de Pompadour, reçut le titre de Surintendant des bâtiments de la couronne. — La dame qui occupait la 1re charge auprès de la reine avait le titre de Surintendante de la maison de la reine. — Auj. encore il y a une Surintendante de la maison impériale de la Légion d'honneur (maison de St-Denis)

SURIUS (Laurent), chartreux, né à Lubeck en 1522, m. en 1578, a donné une collection des conciles, Cologne, 1567, mais il est surtout connu par ses Vies des saints, Col., 1570, 6 vol. in-f. (réimp. en 1618). Il manque quelquefois de critique; néanmoins il peut servir à rectifier Sleidan sur plusieurs points.

SURRENTUM, auj. Sorrento, v. de Campanie, chez les Picentini, à l'O. de Salerne et vis-à-vis de l'île de Caprée, était renommée pour ses vins.

SURREY (Comté de), un des comtés de l'Angleterre, entre ceux de Kent à l'E., de Berks et de Southampton à l'O., de Sussex au S., est séparé au N. par la Tamise de ceux de Middlesex et de Buckingham et renferme deux des faubourgs de Londres, Southwark et Lambeth: 60 kil. sur 45; 590 000 hab. ; ch.-l. Guilford. Beaucoup de jardins maraîchers. Antiquités romaines et druidiques. — Ce comté, habité jadis par les Segontiaci, fit partie du roy. de Sussex dans l'Heptarchie: son nom, corruption de Southrice, voulait dire en saxon Royaume du Sud.

SURREY (Ch. HOWARD, comte de). V. HOWARD.

SURVILLE (Clotilde de), née vers 1405 au château de Vallon-sur-Ardèche, de la famille noble de Vallon-Chalis, reçut une brillante éducation à la cour de Gaston Phœbus, comte de Foix, épousa en 1421 le jeune Bérenger de Surville qu'elle aimait tendrement, le perdit en 1428 au siége d'Orléans, où il accompagnait Charles VII, et consola son veuvage par la culture de la poésie et par l'éducation d'un fils, né de son union. Elle mourut âgée de plus de 90 ans. Clotilde de Surville était restée inconnue jusqu'à l'époque où Ch. de Vanderbourg publia, sous le nom de cette femme, un recueil de poésies charmantes, composé d'élégies, d'épîtres, de contes et de morceaux lyriques du genre le plus élevé. Cette publication a excité parmi les gens de lettres une vive controverse ; la plupart en ont contesté l'authenticité : les uns attribuaient ces poésies au marquis de Surville, émigré, descendant de Clotilde, qui fut mis à mort en 1798 pour être rentré en France avec une