Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/328

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TOUL (le gouvt de), un des 8 petits gouvts de France avant la Révolution, se composait de 2 districts: la ville de Toul, l'évêché de Toul (Liverdun, Vichery).

TOULA, v. de la Russie d'Europe, ch.-l. du gouvt de Toula, au confluent de la Toulitza et de l'Oupa, à 197 k. S. de Moscou et 973 S. S. E. de St-Pétersbourg ; 55 000 hab. Évêché, cour d'appel, école pour les fils de nobles. Beaucoup d'édifices publics, bazar. Industrie active (soieries, chapeaux, acier, suif, savon, corderies, tanneries, etc.); grande manufacture impériale d'armes, créée en 1712 par Pierre le Grand; arsenal important. Fondée en 1509, Toula fut souvent prise et ravagée au XVIe s. ; sa prospérité date de 1613. — Le gouvt de Toula, entre ceux de Moscou au N., de Riazan à l'E., de Tambov au S. E., d'Orel au S. et de Kalouga à l'O., a 240 kil. sur 150, et 1 200 000 hab. Sol plat et bien arrosé. — V. TULA.

TOULLIER (Ch. Marie), jurisconsulte, né en 1752 à Dol, près de St-Malo, m. en 1835, était agrégé à la faculté de droit de Rennes dès 1779. Sous la République, il fut administrateur de district et juge au tribunal d'Ille-et-Vilaine, puis se fit avocat. Lors de la réorganisation des écoles, il fut nommé, sans l'avoir demandé, professeur de droit civil à Rennes (1803), et peu après doyen de la Faculté. Toullier commença dès 1811 la publication d'un grand ouvrage qui résumait ses cours : le Droit civil français suivant l'ordre du Code, 1811-1820, 9 vol. in-8, dont une 5e édition parut de 1829 à 1831, en 15 vol. in-8. Ce traité, le meilleur commentaire que nous ayons du Code civil, a mérité à Toullier le surnom de Pothier moderne : l'auteur y préfère la raison aux autorités. On regrettait qu'il ne fût pas terminé (il ne comprend que les 1581 premiers art. du Code) ; Duvergier l'a dignement complété.

TOULON, Telo Martius ou Telonis portus, v. et port de France (Var), ch.-l. d'arr., sur la Méditerranée, au pied du mont Pharon, à 80 k. S. O. de Draguignan et 840 S. S. E. de Paris; 84 987 h. Ch.-l. de préfect. maritime et un des trois grands ports militaires de France; place forte de 1re classe. Trib. maritime, trib. de 1re inst. et de commerce, lycée, école de médecine pour la marine, école d'hydrographie et de pyrotechnie, observatoire bibliothèque et musée maritime. Rade qui est une des plus belles de l'univers. Superbes établissements de marine : bassin de carénage, corderie, salle des voiles, 3 arsenaux (anc. arsenal, ars. du Mourillon et de Castigneau), fonderie, chantiers, cales couvertes; lazaret, bagne supprimé en 1873. Place du Champ-de-Bataille, belle rue aux Arbres; 159 fontespagnol; hôtel de ville avec caryatides de Puget, colonne rostrale d'Alger, beau théâtre. Soc. des sciences, belles-lettres et arts. Industrie et commerce médiocres : vins, eaux-de-vie, huiles, câpres, figues, fruits secs. Patrie de l'amiral Truguet. — Anc. colonie romaine; on croit qu'elle reçut son nom de Telo Martius, le général romain qui établit la colonie. Elle fut plusieurs fois ravagée par les Arabes et par les Barbaresques. Le connétable de Bourbon la prit en 1524, Charles-Quint en 1536. Louis XIV fit fortifier ce port par Vauban, qui construisit les forts de l'Éguillette, de Ste-Catherine et de St-Antonin; en 1707, le prince Eugène et le duc de Savoie l'assiégèrent en vain. Livré aux Anglais en 1793 par les royalistes, il fut repris par les républicains le 19 déc. de la même année : c'est à ce siége que Bonaparte, qui commandait l'artillerie, commença sa réputation.

TOULON-SUR-ARROUX, ch.-l. de c. (Saône-et-Loire), à 33 kil. N. N. O. de Charolles; 1890 hab.

TOULONGEON (Emmanuel, vicomte de), historien, né en 1748 au château de Champlitte, m. en 1812, suivit d'abord la carrière des armes, la quitta, avec le grade de colonel, pour se vouer à la littérature et à la politique, devint membre des États généraux, où il fut un des premiers parmi les nobles à se réunir au Tiers État, et fut député au Corps législatif par le dép. de la Nièvre en 1802 et 1809. Outre des écrits de circonstance, on a de lui une Hist. de France depuis la Révolution de 1789 (Paris, 1801-10, 4 vol. in-4), ouvrage qui se recommande par les détails militaires, et une traduction assez fidèle des Commentaires de César, 1813.

TOULOUBRE, Cœnus, riv. de France (Bouches-du-Rhône), communique avec la Durance par le canal de Craponne et se perd dans l'étang de Berre, près et au S. S. E. de St-Chamas, après un cours de 60 k.

TOULOUSE, Tolosa, v. de France, ch.-l. du dép. de la Hte-Garonne, sur la r. dr. de la Garonne et le canal du Midi, à 717 kil. S. de Paris par la route de Blois, et 835 par le chemin de fer; 113 229 hab. Archevêché, église consistoriale calviniste; ch.-l. de division militaire; cour d'appel, trib. de 1re inst. et de commerce, académie universitaire, facultés de théologie, de droit, sciences et lettres, lycée impérial, école secondaire de médecine et de chirurgie, école d'artillerie, école de dessin, école normale; académie des sciences, inscriptions et belles-lettres, célèbre académie des Jeux floraux (V. ce nom), académie de peinture, société de médecine, des amis des arts; deux bibliothèques, musée, observatoire, jardin des plantes, pépinière départementale. Toulouse est riche en monuments : on y remarque le Capitole ou hôtel de ville, dont la façade est du XVIIIe s. et dans lequel est renfermé le Grand-Théâtre; la cathédrale de St-Étienne, commencée sur un plan magnifique, mais inachevée ; l'église St-Sernin (ou St-Saturnin), en très-beau style roman; les églises de la Daurade, de la Dalbade et du Taur; l'hôtel de la préfecture, les quais de la Garonne, le Château-d'Eau, qui alimente les fontaines publiques; le pont qui joint la ville au faubourg de St-Cyprien ; le pont suspendu de St-Michel; l'hôtel d'Assezat, bâti sur les dessins du Primatice; les moulins à eau du Basacle et du Château-Narbonnais; les trois hospices; la place du Capitole, la place Louis-Napoléon. Industrie active : pâtes d'Italie, faux, limes, maroquins, passementerie, couvertures de laine et coton, chapeaux, papiers, cordes d'instruments; manufacture impér. de tabac; laminoir, fabriques d'objets d'acier et de projectiles, forges à la catalane, fonderie de canons, poudrerie, arsenal de construction. Commerce très-important en objets de ses fabriques et en comestibles renommés (excellents pâtés de foies de canard). Toulouse est l'entrepôt des fers de l'Aveyron et de l'Ariége; grand commerce de transit entre la France et l'Espagne, entre la Méditerranée et l'Océan. A Toulouse sont nés Cujas, Fermat, Duranty, Goudouli, Pibrac, Maynard, Palaprat, Campistron; Bertrand-Molleville, Villèle. — Toulouse est une ville très-ancienne : c'était la capit. des Volces Tectosages; elle était fort riche et fort peuplée au temps même de l'indépendance des Gaules; c'était un des sanctuaires religieux du pays. Elle fut de bonne heure alliée des Romains, mais elle les trahit pour accueillir les Cimbres en 106 av. J.-C. ; Servilius Cépion la reprit par surprise, et y fit en dépouillant les temples un riche butin qu'il s'appropria; peu après il fut battu par les Cimbres à Toulouse, et l'on crut que c'était une punition de son impiété, d'où l'expression proverbiale l'or de Toulouse, pour dire richesse qui porte malheur. Sous l'empire, elle fut comprise dans la Narbonaise. Elle devint la capitale des Visigoths en 419; Clovis la leur enleva en 507. A partir de 631, les ducs d'Aquitaine de la ligne mérovingienne y régnèrent : Waïfre en fut le dernier duc (747-767). Toulouse fut ensuite la capitale du comté de Toulouse, créé par Charlemagne en 778 pour Louis le Débonnaire, son fils; après la réunion de ce comté à la couronne, elle resta, jusqu'à la fin de la monarchie, la capit. du gouvt de Languedoc. Fort maltraitée dans la guerre des Albigeois, cette ville soutint en l217 et l218 un long siége contre Simon de Montfort, qui y fut tué. Toulouse avait une université depuis 1229 ; Philippe le Bel y établit un parlement en l302. Elle a longtemps conservé des privilèges particuliers : ses magistrats s'appelaient capitouls. Le 10 avril 1814, le maréchal