Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/360

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


santes, Urbain V se vit obligé de reprendre la route d'Avignon (1370). Il mourut dans cette ville, la même année, en odeur de sainteté. Sa charité, sa justice, sa sévérité à l'égard de la simonie et des mauvaises mœurs n'étaient pas moindres que son désir d'affranchir la papauté de la tutelle étrangère et de lui rendre ses domaines d'Italie. Il fit aussi tous ses efforts pour faire cesser le schisme d'Orient. Th. Roussel a publié en 1840 à Paris des Recherches sur la vie et le pontificat d’Urbain V.

URBAIN VI, Barthélemi de Prignano, de Naples, était archevêque de Bari lorsqu'il fut élu, en 1378. Plusieurs cardinaux protestèrent contre son élection, prétendant qu'elle était l'œuvre de la violence, mais en réalité parce qu'il les avait irrités par sa sévérité, et ils élurent à sa place Robert de Genève, qui alla siéger à Avignon sous le nom de Clément VII : c'est le commencement du Grand schisme d’Occident. Urbain fut reconnu par la plus grande partie de l'Empire, par la Bohême, la Hongrie, l'Angleterre, la Sicile; mais la France, Naples, l'Espagne se déclarèrent pour son compétiteur. Urbain VI créa 26 cardinaux, pour remplacer ceux qui s'étaient séparés de lui, prêcha en 1383 une croisade contre Clément VII et ses adhérents, appela de Hongrie à sa défense Charles de Duras, lui offrit la couronne de Jeanne I, reine de Naples, et l'accompagna à la conquête de ce royaume ; mais il ne tarda pas à se brouiller avec ce prince. Il se retira à Nocera, où il eut à soutenir un siège, puis à Salerne, enfin à Gênes, où il fit arrêter et mettre à mort cinq cardinaux, qui conspiraient contre lui, et ne put rentrer dans Rome qu'après la mort de Ch. de Duras. Il se disposait à s'emparer du royaume de Naples, qu'il regardait comme sa propriété, lorsqu'il mourut, en 1389. Urbain VI fixa à 33 ans les intervalles du jubilé et institua la fête de la Visitation de la Ste Vierge.

URBAIN VII, J. B. Castagna, élu en 1590, ne régna que 13 jours, entre Sixte-Quint et Grégoire XIV

URBAIN VIII, Matthieu Barberini, né à Florence en 1568, avait rempli avec talent divers emplois importants, lorsqu'il fut élu pape en 1623, à la mort de Grégoire XV. La réunion à l’État romain du duché d'Urbin avec ses annexes (1626-31) signala glorieusement la première partie de son règne; mais il fut moins heureux dans ses différends avec Venise et le Portugal, ainsi que dans la guerre de Castro, qui parut entreprise dans l'intérêt de sa famille autant que dans celui de l’État, et qui se termina par une paix désavantageuse. Du reste, il remplit tout ce qu'on était en droit d'attendre d'un pape aussi éclairé que vertueux. Il donna une nouvelle rédaction à la bulle In cœna Domini (1627), lança en 1642, dans une bulle non moins célèbre (In eminenti), la 1re condamnation contre les erreurs de Jansénius, approuva l'ordre de la Visitation, et supprima, comme contraire aux saines doctrines, l'ordre des Jésuitesses; il publia sous une nouvelle forme le Bréviaire romain. Il m. en 1644. Urbain VIII cultiva avec quelque succès la poésie latine et même la poésie italienne; il corrigea les hymnes de l’Église. Ses Poésies ont paru à Rome, 1640, et à Paris, 1642.

URBANIA, Urbinum Metaurense, v. d'Italie (Urbin-et-Pesaro), sur le Métaure, à 10 kil. S. O. d'Urbin; 2500 hab. Évêché.

URBANISTES. V. FRANCISCAINS.

URBIGÈNES ou VERBIGÈNES, peuple de l'Helvétie, habitait entre le Jura et le lac Léman, et avait pour capit. Urba (auj. Orbe).

URBIN, Urbino en italien, l’Urbinum Hortense des anciens, v. d'Italie, ch.-l. de l'anc. délégation romaine d'Urbin-et-Pesaro, sur le Métaure, à 280 kil. N. de Rome : 12 000 hab. Archevêché. Citadelle, ancien palais des ducs. Académie des Assourdis (Obsurdescentium), la plus ancienne de l'Italie. Urbin a été la cap. du duché d'Urbin, puis de la légation d'Urbin (jusqu'en 1801); elle fut sous Napoléon le ch.-l. d'un arrond. du dép. du Métaure. Raphaël, Bramante, leBaroche, Polydore Virgile étaient d'Urbin. — L'anc délégation d'Urbin-et-Pesaro, auj. prov. de Pesaro, a pour bornes celles de Forli au N. et d'Ancône au S. : 75 k. sur 65 ; env. 255 000 hab.

URBIN (Duché de), anc. État de l'Italie, entre la Romagne au N., la Marche d'Ancône au S., l'Adriatique à l'E., avait pour capit. Urbin et pour autres villes Pesaro, Sinigaglia, Fossombrone, Urbania, Bobbio, Pergola, Macerata et même Fano. Ce duché (d'abord comté) commença en 1213 : il fut possédé d'abord par la maison de Montefeltro, fut un instant envahi par César Borgia (1502), puis passa dans la maison de la Rovère (1508), dont la possession fut interrompue 5 ans par celle de Laurent de Médicis, père de Catherine de Médicis, et par celle du pape Léon X (1516-21). Après la mort de François-Marie II, dernier duc (1574-1626), qui avait légué ses États au pape, le duché fut incorporé au St-Siège (1631). L’Hisl. des ducs d'Urbin a été écrite par J. Dennistoun, Londres, 1850.

URBINUM, nom de 2 villes d'Ombrie, l'une Urbinum Hortense, est auj. Urbin; l'autre, Urbinum Metaurense, au S. O. de la précéd., est auj. Urbania.

URFÉ (Honoré d'), romancier, d'une anc. et illustre maison du Forez, alliée aux maisons de Lascaris et de Savoie, né à Marseille en 1567, montra de la valeur pendant les guerres de la Ligue et de l'habileté dans les négociations dont il fut chargé en Savoie et à Venise. Il passa la dernière partie de sa vie dans la retraite aux environs de Nice, et y composa le célèbre roman pastoral de l’Astrée (1616-18), où il peignait le bonheur des bergers du Lignon. Accueilli avec la plus grande faveur, ce singulier livre donna naissance à toute une école de romanciers bucoliques. D'Urfé mourut avant d'avoir achevé son ouvrage (1625) : Baro, son secrétaire, le termina sur les manuscrits de l'auteur, ou d'après sa propre imagination. La meilleure édition complète de l'Astrée est celle de Rouen, 1647, 5 vol in-8. Outre l’Astrée, H. d'Urfé avait composé la Sirène, poème pastoral; Sylvandre, pastorale en 5 actes, et des Épîtres morales. — Anne d'Urfé, son frère aîné, 1555-1621, fut bailli, lieutenant général du Forez, et membre du conseil d'État sous Henri IV, dont il était partisan. Il avait épousé par amour la belle Diane de Château-Morand : ayant dans la suite fait annuler ce mariage (1598), il entra dans l’Église et reçut les ordres. Il a laissé un recueil de 150 sonnets, intitulé la Diane; 5 seulement ont été imprimés. Cette famille s'éteignit en 1774. — M. Aug. Bernard a publ. en 1839 un curieux livre sur les d'Urfé.

URGEL ou la SEU-DE-URGEL, Orgelum, Urgela, v. forte d'Espagne (Catalogne), dans la prov. de Barcelone,sur la Sègre, à 45 kil. S.O.de Puycerda; 600Ûbab. Évêché (qui a dans son diocèse la république d'Andorre, dont l'évêque d'Urgel partage la souveraineté avec la France). Citadelle importante. Cette ville est très-ancienne. Au IVe s., elle devint un comté qui fit partie de la Marche d'Espagne, puis du marquisat de Barcelone ; il fut réuni a l'Aragon dans le XVe s. Les Français prirent Urgel en 1704, 1809 et 1823.

URI, Uronia, 6e canton de la Confédération helvétique, entre ceux de Schwitz au N., du Tessin au S. E., de Glaris et des Grisons à l'E., du Valais, de Berne et d'Unterwald à l'O. : 54 kil. du S. au N., 24 de largeur moyenne; 15 000 hab. (allemands et catholiques); ch.-l., Altorf. Il est tout en vallées et environné de hautes montagnes; la Reuss y coule; une partie du lac des Quatre-Cantons (dite lac d’Uri) y est comprise. Ce canton est un des trois qui se soulevèrent contre l'Autriche en 1308 : c'est celui qu'habitait Guillaume Tell.

URIAGE ou ST-MARTIN-D'URIAGE, bg et établissement thermal du dép. de l'Isère, à 15 k. S. E. de Grenoble; 1800 bab. Eaux sulfureuses, iodurées et salines, recommandées contre les maladies de la peau et les scrofules. Connues des anciens, mais longtemps abandonnées: exploitées de nouveau depuis 1820.