Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/377

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


issu d'une famille riche et honorable. Il reçut une éducation soignée et cultiva la poésie en même temps que la peinture. Il alla passer plusieurs années à Rome où il étudia surtout l'antique, puis revint dans son pays et habita successivement Courtray, Bruges, Harlem, Amsterdam. On a de lui quelques tableaux, qui offrent les caractères du style flamand du XVIe s., et parmi lesquels on remarque le Déluge, l'Adoration des Mages et Jacob; mais il est surtout connu par un ouvrage historique d'une grande importance, les Vies des Peintres italiens et flamands (1604). On a aussi de lui quelques tragédies (en flamand).

VANNE (S.), Vitonus, évêque de Verdun, élu en 498, m. vers 525, est honoré le 9 nov. Il a laissé son nom à une abbaye de Verdun dans laquelle se forma en 1600 la célèbre congrégation des Bénédictins réformés de Lorraine, congrégation qui eut pour chef le P. Lacour et qui fut l'émule de celle de St-Maur.

VANNES, Darioriqum, Civitas Venetorum, ch.-l. du dép. du Morbihan, sur la riv. de Vannes, près de son embouchure dans le golfe du Morbihan, à 450 kil. O. de Paris; 14 564 h. Petit port sur le Morbihan. Évêché, suffragant de Tours, trib. de 1re inst. et de commerce, collége, maison d'éducation dirigée par les Jésuites, école d'hydrographie, société polymathique, société d'agriculture. Tour du connétable, seul reste du château de l'Hermine, anc. résidence des ducs de Bretagne, cathédrale, église St-Paterne; cours, beau quai le long du port, jolies promenades. Chantiers de construction, travail de la dentelle ; pêche de la sardine. Sel, grains, chanvre, miel, cire, beurre, suif, cidre, etc. — Ville fort ancienne, que les Bretons nommaient Gwened; elle était le ch.-l. d'un des 3 comtés qui aux VII({e}} et VIIIe s. furent formés de la Bretagne (Rennes, Nantes étaient les deux autres). Elle fut inutilement assiégée par Édouard III en 1642.

VANNUCCHI, peintre. V. ANDRÉ DEL SARTO.

VAN OOST (Jacques), dit le Vieux, peintre flamand, né à Bruges en 1600, m. en 1671, alla étudier en Italie après avoir reçu les leçons de Van Dyck et prit pour modèle Annibal Carrache, qu'il Imita avec succès. Ses ouvrages sont excessivement nombreux; on distingue surtout une Descente du St-Esprit et un S. Charles Borromée. — Son fils, Jean Jacques, dit le Jeune (1637-1713), l'a presque égalé.

VAN OSTADE (Adrien), peintre de l'école hollandaise, né à Lubeck en 1610, m. en 1685, s'établit à Harlem, puis se fixa à Amsterdam. Il représente le plus souvent des scènes de la vie commune ou de la vie rustique. A une couleur splendide il réunit un dessin ferme et une grande vérité. Le Louvre possède de cet artiste : la famille d'Adrien Van Ostade, le Maître d'école, un des chefs-d'œuvre du genre; le Chansonnier ambulant; l'Intérieur d'un ménage rustique. — Son frère Isaac, 1613-1671, se distingua aussi comme peintre de genre. Le Louvre a de cet artiste : une Halte de voyageurs; un Paysan dans sa charrette; un Canal glacé, avec des patineurs.

VANOZZA (Rosa), maîtresse de R. Borgia (depuis Alexandre VI), en eut 5 enfants, dont les 3 plus célèbres furent César Borgia, duc de Valentinois, la fameuse Lucrèce Borgia, et François, duc de Gandie.

VAN PRAET (Bernard), bibliographe, né en 1734 à Bruges, m. en 1837 à Paris, concourut en 1783 à l'excellent Catalogue des livres rares du duc de La Vallière, fut attaché à la Bibliothèque royale, devint un des conservateurs de cet établissement, qu'il enrichit d'un grand nombre d'ouvrages précieux, et fut admis en 1830 à l'Académie des inscriptions. On lui doit : le Catalogue des livres imprimés sur vélin de la Bibliothèque du roi, etc., 1822-28.

VAN PYNACKER (Adam), paysagiste hollandais, né en 1621 à Pynacker près de Delft, m. en 1673, alla passer trois ans en Italie. Dans ses paysages, il excelle à représenter les différentes sortes d'arbres, à rendre leurs divers feuillages, leurs nuances si variées ; ses arbres se détachent admirablement sur des fonds vaporeux ; il ne réussit pas moins à exécuter les personnages de ses tableaux. Le Louvre possède trois ou quatre toiles de cet artiste.

VANS (LES), ch.-l. de c. (Ardèche), à 25 kil. S. O. de l'Argentière; 2811 hab. Soie, vins, olives.

VAN SPAENDONK (G.), peintre hollandais, né en 1746 à Tilbourg (Brabant sept.), m. en 1822, se fit d'abord connaître comme peintre en miniature, puis se consacra à la peinture des fleurs et acquit en ce genre une réputation immense. Étant venu se fixer à Paris, il fut admis en 1781 à l'Acad. de peinture et fut nommé en 1793 professeur d'iconographie au Jardin des Plantes. Cet artiste entend admirablement la composition des tableaux de fleurs ; il rend la nature avec beaucoup de vérité ; sa couleur, pleine de fraîcheur et d'harmonie, est légère et transparente; ses accessoires sont toujours choisis avec goût. Il a laissé un recueil intitulé : Fleurs dessinées d'après nature, gr. in-fol., 1826.

VAN STEEN (Jean), peintre hollandais, né en 1636 à Leyde, m. en 1689, était fils d'un brasseur auquel il succéda et cultiva son art tout en tenant un cabaret. N'ayant pas d'ordre, et ne buvant pas moins que ses pratiques, il se trouvait souvent dans l'embarras : il fermait alors son établissement, se mettait à peindre avec ardeur, vendait ses tableaux, achetait du vin et de la bière, et rouvrait sa taverne. Van Steen a parfaitement reproduit, d'après nature, les mœurs du peuple en Hollande ; ses intérieurs de taverne sont admirables : la verve et la vérité de son dessin, la manière ingénieuse dont il éclaire ses tableaux, les scènes comiques et d'une gaieté communicative qu'il y représente font rechercher ses œuvres, malgré leur apparence négligée. Cet artiste a beaucoup produit : le plus grand nombre de ses ouvrages est en Hollande et en Belgique ; le Louvre a de lui une Fête flamande dans l'intérieur d'une auberge.

VAN STEENWYCK (H.), peintre hollandais, né en 1589 à Francfort-sur-le-Mein, m. en 1643, était fils d'un peintre distingué, natif de Steenwyck, ville de l'Over-Yssel dont il avait pris le nom. Il se consacra à la peinture des intérieurs d'églises, des salles de châteaux, et acquit en ce genre une telle réputation que Charles I l'appela à Londres. Il exécuta pour ce prince une foule de tableaux, et dirigea même la construction de plusieurs édifices. Ses perspectives font illusion ; ses ombres diaphanes laissent voir toutes les formes de l'architecture. Van-Dyck l'employait pour les fonds de ses portraits quand il avait besoin d'y introduire des vues ou des portions d'édifices. Le Louvre possède 5 toiles de cet artiste, dont 4 sont des intérieurs d'églises.

VAN SWIETEN (Gérard), célèbre médecin, né à Leyde en 1700, mort à Schœnbrünn en 1772, fut l'élève de Boerhaave. Il avait été nommé professeur de médecine à l'Université de Leyde, mais ses envieux le forcèrent à se démettre de cette chaire, parce qu'il était catholique. Il alla en 1745 se fixer à Vienne, où il professa la médecine et l'anatomie avec succès, et fit des guérisons inespérées. L'impératrice Marie-Thérèse l'avait nommé son premier médecin, bibliothécaire et directeur général des études des Pays héréditaires. Van Swieten créa à Vienne un amphithéâtre d'anatomie, un laboratoire de chimie et un jardin des plantes. Il a laissé son nom à une liqueur dont on fait encore usage en médecine. Son principal ouvrage est intitulé : Commentaria in H. Boerhaave aphorismas de cognoscendis et curandis morbis, Paris, 5 vol. in-4, 1771 et 1773. Le Dr Paul a tiré de ce vaste répertoire et traduit en français les traités des Fièvres intermittentes, 1766; des Maladies des enfants, 1769, et la Traité de la Pleurésie; et Louis, les Aphorismes de médecine, 1766, et des Aphorismes de chirurgie, 1768.

VANUCCI. V. PÉRUGIN et ANDRÉ DEL SARTO.

VAN VEEN (Othon), en latin Otto Vænius, peintre, né à Leyde en 1556, m. en 1634, avait reçu une éducation soignée. Il habita successivement Bruxel-