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littéraires dévoilées, 5 vol. in-8 (1845-60) ; les Écrivains pseudonymes, 2 vol. in-8 (1854).

QUINET (Edgar), écrivain français, né à Bourg en 1803 ; alla terminer ses études dans les universités d’Allemagne, dont l’influence se fait sentir dans ses écrits ; publia en 1827 les Idées sur la philosophie de l’histoire de l’humanité de Herder (1827) 3 vol. in-8), donna en 1833 Ahasverus, qui fut mis à l’index par la cour de Rome, et, de 1836 à 1838, deux poëmes où il essayait de réaliser ses idées un peu systématiques sur l’épopée (Napoléon et Prométhée) ; devint, en 1839, professeur de littérature étrangère à la Faculté des lettres de Lyon, et en 1842 inaugura au Collége de France la chaire de littérature de l’Europe méridionale. À partir de ce moment il s’attacha à développer dans son enseignement et dans ses livres, sous une forme souvent un peu nuageuse, les idées révolutionnaires qu’il avait déjà indiquées dans quelques articles de la Revue des Deux-Mondes (de l’Avenir des religions ; de la Révolution et de la Philosophie, etc.) ; publia le Génie des religions (1842) ; les Jésuites (en collaboration avec M. Michelet, 1843) ; l’Ultramontanisme ; le Christianisme et la Religion française (1846). Son cours ayant été suspendu en 1846, à fut élu à Bourg député de l’opposition en 1847, remonta dans sa chaire après la révolution de 1848, fit partie de l’extrême gauche à l’Assemblée constituante et à l’Assemblée législative ; fut expulsé de France en 1852, fit dans l’exil de nouvelles publications politiques (la Révolution ; la République ; l’Esprit nouveau, etc.) ; fut nommé membre de l’Assemblée nationale de 1871, et y siégea à l’extrême gauche jusqu’à sa mort (1875). Il a été donné deux éditions (in-8 et in-12) de ses Œuvres complètes.

RANDON (Jacques-Louis-César-Alexandre, comte), maréchal de France, né à Grenoble en 1795, mort en 1871. Volontaire de la grande armée, il fut successivement lieutenant à la Moskowa et capitaine en 1813 ; ses opinions impérialistes retardèrent sa carrière sous la Restauration. Il fut nommé en 1830 chef d’escadron de chasseurs, prit une part brillante aux guerres d’Afrique, et devint maréchal de camp en 1841, lieutenant général en 1847. Après la révolution de 1848, il fut chargé du gouvernement de l’Algérie. Ministre de la guerre de janvier à octobre 1851, il redevint, après le coup d’État du 2 décembre, gouverneur général de l’Algérie, et dirigea l’expédition de Kabylie (1857). Sénateur (1852) et maréchal de France (1856), il occupa encore pendant plusieurs années (1859-1867) le ministère de la guerre.

RASPAIL (François-Vincent), chimiste et homme politique français, né à Carpentras en 1794, m. en 1878 ; fut élevé pour la carrière ecclésiastique, où il refusa d’entrer ; vint à Paris, où il mena une vie précaire comme simple répétiteur et préparateur au baccalauréat, et se livra avec passion à l’étude des sciences physiques ; publia dans les Annales des Sciences naturelles et autres recueils du même genre, de nombreux mémoires sur la botanique, la zoologie, la paléontologie, la médecine légale : il y fit preuve d’une grande puissance d’expérimentation, mais se fit des ennemis par ses diatribes contre les corps savants. De bonne heure partisan déclaré de la République, il combattit et fut blessé dans les journées de juillet 1830 ; écrivit dans les feuilles républicaines du temps, et s’attira plusieurs procès de presse et plusieurs condamnations ; composa, pendant ses séjours réitérés dans les prisons, divers ouvrages de science (Essai de chimie microscopique, 1831 ; Cours élémentaire d’agriculture et d’économie rurale, 1831 ; Nouveau système de chimie organique, 1833 ; Nouveau système de physiologie végétale et botanique, 1837) ; se fit une notoriété bruyante à l’occasion du procès de Mme La Farge, où il critiqua vivement l’expertise du docteur Orfila. Il a rendu son nom populaire, surtout dans les classes pauvres, par son Manuel de la santé, (1842 et suiv.), sorte d'encyclopédie usuelle de thérapeutique, ou il préconise le camphre comme une sorte de panacée universelle, et par le Fermier vétérinaire, manuel destiné au traitement des animaux domestiques, d’après la même médication. Il a exposé plus amplement son système, à l’adresse des savants[ dans une Histoire naturelle de la santé et de la maladie, 1843, 3 vol. in-8 ; et dans la Revue élémentaire de médecine et de pharmacie domestique, 2 vol. in-8, 1855, etc. Éloigné de la politique depuis plusieurs années, il y rentra en 1848, rédigea un journal révolutionnaire, l’Ami du peuple, présida un club, figura parmi les émeutiers qui envahirent l’Assemblée nationale le 15 mai, et fut, pour ce fait, condamné à cinq ans de prison. Il devint, aux élections de décembre 1851, le candidat du parti le plus avancé à la présidence de la République ; et, après la chute de l’Empire, siégea à l’extrême gauche de l’Assemblée nationale et de la Chambre des députés.

RATAZZI (Urbain), h. politique italien, né à Alexandrie en 1808, m. en 1873 ; fut d’abord avocat au barreau de Turin ; devint en 1848 député fit partie du cabinet sous lequel fut décidée l’expédition qui aboutit à la défaite de Novare (mars 1849) ; fut président de la Chambre (1852), rentra au ministère (1854-1858) avec M. de Cavour, et présenta plusieurs lois ayant pour but la séparation de l’Église et de l’État ; combattit vivement en 1861 la cession de Nice et de la Savoie à la France ; redevint président de la Chambre (1851), président du Conseil des ministres (1862), servit toutes les aspirations des Italiens vers Rome, tout en donnant satisfaction à la France qui imposait ses conditions en faveur du Saint-Siége ; donna sa démission en 1862, par suite du mécontentement causé par sa conduite énergique à l’égard de Garibaldi et son mariage avec une princesse de la famille Bonaparte (Mme de Solms) ; revint un instant aux affaires en 1867, après la retraite du ministère Ricasoli, et fut renversé après la défaite de Garibaldi à Mentana (1867) ; enfin reprit son siége à l’Assemblée, où il continua jusqu’à sa mort de jouer un rôle important.

RAYER (Pierre-François-Olive), médecin français, né à Saint-Sylvain (Calvados) en 1793, m. en 1867 ; fut professeur de médecine comparée, doyen de la Faculté de Paris (1862-64), membre de l’Académie de médecine et de celle des sciences ; a fondé la Société de biologie, et publié des ouvrages estimés : le Delirium tremens (1819) ; Traité théorique et pratique des maladies de la peau, 3 vol., 1832 ; Traité des maladies des reins, 3 vol., 1839 ; Archives de médecine comparée, 1842, etc.

REGNAULT (Henri-Victor), chimiste et physicien français, né à Aix-la-Chapelle en 1810. Élève de l’École polytechnique, il entra dans le service des mines, et se fit remarquer par des travaux sur la chimie organique ; devint membre de l’Académie des sciences (1840), professeur de chimie à l’École polytechnique, professeur de physique au Collége de France (1841), ingénieur en chef des mines (1847), directeur de la manufacture de Sèvres (1854). Il s’est surtout fait connaître par ses recherches sur les dilatations des fluides élastiques, sur la détermination de la densité des gaz, sur les chaleurs spécifiques des corps solides et liquides, sur l’hygromètre et sur la respiration des animaux. Il eut, en 1871, la douleur de perdre son fils, le peintre H. Regnault (voyez ce nom), au combat de Buzenval ; depuis, il vécut dans la retraite, et il mourut le 19 janvier 1878, jour anniversaire de la mort de son fils.

REGNAULT (Henri), peintre français, né à Paris en 1843. Fils du chimiste (voyez l’article précédent), il fut élève de Cabanel, obtint le grand prix de Rome en 1866, et envoya aux Salons de 1869 et de 1870 des toiles qui furent très-remarquées. Ses principales œuvres sont : Portrait du général Prim, Sa-