Page:Bourdeau - Tolstoï, Lénine et la Révolution russe.djvu/29

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à son âme et s’en inspirer, qui se vendront quelques kopeks, et parmi lesquels se rencontrent des chefs d’œuvre [1]. Il attribue ainsi à l’art une extrême importance sociale. L’art crée des états d’âme et déblaye le chemin où la pensée doit se réaliser en actes.

Tolstoï considère l’art et la science comme également importants pour la vie et l’avancement de l’humanité. Mais de même qu’il est hostile à l’art pour l’art, il répudie la science pour la science. Connaître pour connaître est une œuvre vaine. Les sciences doivent se limiter à leur domaine et ne pas chercher à nous donner une philosophie soi-disant fondée sur la réalité, une explication matérialiste de l’univers. De même que les artistes, les savants forment une caste, et toute caste est mauvaise. Us se croient infaillibles, et ils ne sont d’accord sur rien. Us s’occupent de problèmes, tels que l’origine des espèces, aussi futiles que les subtilités théologiques du moyen âge. Non plus qu’au péché originel, Tolstoï ne croit à l’hérédité, qui gêne son optimisme quant à l’avenir de l’homme et des sociétés humaines. La science doit contribuer au bien-être physique et moral de l’humanité, et elle remplit mal sa mission. L a thérapeutique n’inspire à Tolstoï aucune confiance. Si, quand il est malade, les médecins, appelés contre

  1. De combien de terre un homme a-t-il besoin ? — La mort d’Ivan Illytsch.