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84 LA SOCIÉTÉ DES NATIONS

collaboré ici a été considérable et, quant à son efficacité, on n’en pourra bien juger qu’avec le recul nécessaire. Tant que ce recul n’aura pas lieu, l’œuvre accomplie ici pourra être incomprise du plus grand nombre. Il en fut de même de celle de 1899. On en fit peu de cas. Mais, un beau jour, quand l’incident dangereux de Hull fut aplani, on comprit quels pouvaient être l’importance et les bienfaits d’un petit texte de La Haye. Il en sera de même pour l’œuvre de cette i~ Commission dont on pourra dire, plus tard, qu’elle a bien mérité de l’humanité. J’ai terminé.

On ne s’étonnera pas que la première Commission n’ait pas résolu entièrement tous les problèmes qui lui étaient soumis. Quand un parlement est saisi d’une question, il met souvent plusieurs sessions à l’étudier et à lui donner une solution : son travail est une toile de Pénélope dont il semble que personne ne connaîtra la fin. Pourquoi serait-on plus exigeant pour la Conférence de la Paix ? Elle ne peut pas, en une seule de ses sessions qui ont lieu tous les sept ou huit ans, épuiser son programme – surtout quand il s’agit de problèmes plusieurs fois séculaires et auxquels, jusqu’à la fin du xixe siècle, l’humanité n’avait pu donner aucune solution. Ce serait se montrer trop exigeant que de réclamer chez l’enfant qui grandit ici tous les organes de la maturité.