Page:Bourgeois - Pour la Société des Nations.djvu/17

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fidèles aux formules du passé, ils ne peuvent ni ne veulent renoncer aux habitudes léguées depuis tant de siècles par la diplomatie de la force,—ils rejettent l’arbitrage obligatoire.

Néanmoins la cause est gagnée devant l’opinion. Le président de la Commission de l’arbitrage a la joie de pouvoir proclamer, avant la clôture de la Conférence, le vote favorable de 32 États parmi lesquels de grandes puissances telles que les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Russie et, avec elles, toutes les nations à tendances libérales, toutes les républiques du Nouveau-Monde.

La lecture de ce livre montrera comment Léon Bourgeois est ainsi allé au cœur de la difficulté : sa campagne de quatre mois pour l’arbitrage obligatoire à la deuxième Conférence ne vise pas moins le problème des réformes sociales que celui de la paix internationale. Toutes les nations ont un égal besoin des réformes sociales et de la paix ; leurs rivalités économiques et politiques élèvent ici et là les mêmes obstacles ; une même méthode, seule, peut permettre d’en triompher. C’est à La Haye, en fin de compte, que, par l’entente des États, se fonderont à la fois la justice entre les individus et la justice entre les nations.

En attendant que naisse cet ordre nouveau, Léon Bourgeois, estimant qu’il ne faut pas se décourager, qu’il faut faire de la besogne quotidienne, travaille à créer, sur des terrains