Page:Bourotte - Le Devoir, 1867.djvu/3

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LE DEVOIR.


« FAIS CE QUE DOIS, ADVIENNE CE QUE PEUT. »
(Devise de la maison Baraguey-d’Hilliers.)


J’avais cinq ans ; les yeux vifs, les dents blanches,
Des fleurs au front, des rubans sur mes manches
Et l’air posé que l’on m’avait appris.
L’orgue et la cloche élevaient leurs voix lentes
Et des clartés rouges, vertes, brillantes
Par les vitraux tombaient sur les murs gris.
Tu pleurais fort. Pour toi, sans le comprendre,
Je répétais l’engagement de foi ;
Je le comprends aujourd’hui ; c’est pourquoi,
Sans plus tarder, j’arrive le défendre :


Les yeux fixés sur un nouveau soleil,
Tu marches fier ! Cet astre sans pareil,
C’est le Progrès !… ta plume ainsi le nomme,
Tiens, penche-toi sur tes lignes de feu,
Relis, médite. Où donc est le vrai Dieu,
Quand, sur l’autel, tu veux adorer l’homme ?…