Page:Bourotte - Le Devoir, 1867.djvu/8

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Nous sommes tous une note au cantique,
Tous une voix au géant unisson ;
Tous une gerbe au char de la moisson,
Une étincelle au foyer symbolique.
Nous devons tous, les uns placés en haut,
D’autres en bas, venus tard, venus tôt,
Unir nos bras, ouvriers de la vigne.
Quelques-uns seuls auront couronne au front ;
Dans l’avenir quelques-uns seuls vivront,
Au livre d’or ayant tracé leur ligne…
Mais tous auront, d’un même amour épris,
De leurs sueurs fécondé la journée
Et Dieu voyant la tâche terminée
N’aura pour eux non plus qu’un même prix !


Ah ! c’est qu’il n’est dans le divin ensemble
Rien d’inutile. Et chaque atome semble
Indispensable au tout harmonieux.
L’humanité, c’est la forêt géante
Où rocher, mousse, arbre, fleur odorante
Ont à la fois part dans l’œuvre des cieux.
Ainsi jamais, jamais de tâche vile
Pour qui travaille au bonheur de chacun !
Et pour qui veille à l’intérêt commun,
Nulle œuvre enfin trop, humble ou puérile !


C’est le devoir qui fait l’enfant soumis,
La femme forte et les frères amis,