Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/11

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l’insurrection. De la rue Grénétat les municipaux remontèrent jusqu’à la place du Caire, où tombèrent plusieurs insurgés.

Les barricades s’élevèrent.— À l’angle formé par les rues de Cléry et du Petit-Carreau, on avait abattu une voiture de vidange et un fiacre dont le store fut arboré en signe de drapeau : ce fut là la première apparition du drapeau rouge.

Personne ne le vit avec frayeur ; il avait son ridicule. Mais il servit d’exemple, et la fantaisie vint aux insurgés de ce véritable quartier de l’émeute de hisser les stores rouges au-dessus des voitures qu’il renversaient. Le second emblème parut sur le boulevart Bonne Nouvelle, à l’angle de la rue Poissonnière, non loin du poste.

Le rappel battit. L’émeute gronda. La bourgeoisie du quartier venait de recevoir les journaux du matin, racontant bénévolement la reculade de Barrot.

Elle fut vexée la bourgeoisie ; et, prenant cette renonciation des crétins du Siècle pour un échec patriotique, elle descendit dans la rue, voulut faire reculer la Royauté, s’interposer et faire cesser le combat en demandant elle-même la Réforme.