Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/45

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Ce que nous cherchions, c’était le défaut de la cuirasse, la plaie secrète du gouvernement provisoire. Caussidière nous le fit connaître :

— « Je ne veux entendre parler de rien, dit-il, tiens, voilà ma démission !

— « Et moi aussi, donne que je signe, s’écria un homme sortant de l’embrasure de la croisée. »

C’était Albert.

— « Votre démission ? Y pensez-vous ? Eh pourquoi ? Dans le moment le plus critique, vous hésitez, vous reculez ?

— « Nous n’y pouvons pas tenir. Ça m’embête, je me f... du reste.

— « C’est incroyable. Qu’y a-t-il donc ?

— « Tiens, si je ne craignais pas que l’ennemi cette nuit pût rentrer dans la place, je m’en irais coucher ce soir chez moi en mettant la clé sous la porte de cette baraque. »

D’autres ont déjà raconté cette scène ; j’eus l’occasion d’en être le témoin. Elle avait lieu à l’entresol dans la grande pièce qui sert de bureau au secrétaire général de la Préfecture de police.

Le Gouvernement provisoire était réellement à deux doigts de sa perte. L’Hôtel de Ville était en