Page:Boutroux - Pascal.djvu/152

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anagramme de Louis de Montalte, un grand nombre de traités et de lettres, en latin et en français.

Si nous devons l’en croire, ce n’est point par amour pour les mathématiques qu’il y revint ainsi. Les mathématiques, écrit-il à Fermat en 1660, sont bonnes pour faire l’essai, non l’emploi de ses forces. Mais dans la même lettre il appelle Fermat le premier homme du monde. Et, en proposant son prix, il dit que son seul objet est d’offrir en hommage public à celui qui trouvera la solution, ou plutôt de déclarer le mérite de ce savant. Il parle de la gloire comme autrefois. Il reprend ceux qui se vantent à tort, comme autrefois. Ne serait-ce pas que, séduit, à son insu même, par cette science qui semblait lui être innée, il s’est oublié une fois encore ?

Heureuse faute ! Non seulement Pascal envisageait le problème de la Roulette en un sens beaucoup plus génial que l’on n’avait fait jusqu’alors, mais il employait des méthodes telles, qu’il doit être compté, ainsi que l’a montré M. Délègue dans un essai sur ses travaux mathématiques publié à Dunkerque en 1869, parmi les créateurs du calcul infinitésimal.

De ce calcul il possède tous les fondements métaphysiques. Il pose en principe que dans les grandeurs continues il y a différents ordres d’infini, tels que les uns sont de purs néants devant les autres : ainsi le point par rapport à la ligne ; puis il voit que toute grandeur unie peut être considérée comme divisée en une infinité d’éléments qui seront toujours entre eux comme les grandeurs infinies qui leur ont donné naissance. De ces principes il déduit la possibilité de débarrasser les raisonnements géo- ·