& l’instrument du malheur des peuples, trouvent un grand nombre de personnes qui s’abaissent jusqu’au point de leur faire la cour. Leur table servie magnifiquement attire beaucoup de Parasites. Les Seigneurs même paroissent avoir des égards pour eux : la commodité de trouver de l’argent à emprunter, les force à cette complaisance. Ils poussent quelquefois leur foiblesse jusqu’à contracter des alliances avec ces Financiers ; & le dérangement de leurs affaires les oblige à une démarche aussi indigne de leur naissance.
Lorsqu’un Partisan se trouve revêtu de grands biens, il tâche d’acheter une fille de condition. Les parens concluent le mariage : on sort la Demoiselle du couvent ; & elle est toute étonnée que son mari se trouve le cousin de sa Fille-de-chambre. Dès que cette alliance a donné un nouveau lustre au Financier, il oublie totalement son ancien état. Il ne se souvient plus des vexations qui lui ont acquis ses richesses : il oublie les maux qu’il a faits à la veuve & à l’orphelin. Il ne parle plus que de noblesse & d’anciens titres. Il cherche dans tous les Greffes, chez tous les notaires, des papiers qui doivent servir à prouver l’ancienneté de sa maison. A force de dire à tout le monde qu’il est homme