mi lesquels son livre parfaitement écrit va lui acquérir une place distinguée. Le second, qu’on nomme Chalamont de Visclede, a donné quelques piéces de poësies, qui ont été fort bien reçues du public. Le caractere du cœur chez lui est aussi estimable que celui de l’esprit. Doux, affable, humble, modeste, il a plusieurs grandes qualités, qui sont presque inconnues aux gens de lettres. Si tu séjournes quelque tems à Marseille, je te conseille de faire connoissance avec une personne aussi estimable. Sans doute qu’il te procurera celle de tous les gens qui mériteront ton attention.
Il y a eu en Provence, mon cher Monceca, plusieurs personnes très-habiles dans les arts, qui ont eu le même sort que ceux des deux savans magistrats dont je t’ai parlé. Tu sais sans doute que Puget, ce célebre sculpteur, étoit Marseillois. Mais tu ignores qu’il y ait eu au monde un Verier. Ce Verier fut un éleve de Puget, & fit d’aussi excellentes choses que son maître ; mais il ne sortit jamais de sa province. Il ne parut pas sur le grand théâtre : il ne travailla point pour la cour ; & son mérite ne fut connu que de quelques-uns de ses concitoyens.
Fauchier fut un aussi grand peintre