Page:Brontë - Un amant.djvu/49

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maintenant assassiner les gens sur la pierre même de notre porte ? Je vois que cette maison ne me conviendra jamais ; regardez le pauvre garçon ; il étouffe quasiment. Fi ! fi ! cela ne peut pas continuer ainsi. Rentrez et j’arrangerai cela ; là, tenez-vous tranquille.

Avec ces mots, elle versa tout à coup un pot d’eau glacée sur mon cou et m’entraîna dans la cuisine. M. Heathcliff nous y suivit ; sa gaieté accidentelle n’avait pas tardé à disparaître, pour céder la place à son air morose accoutumé.

Je me sentais extrêmement malade, étourdi et faible ; et ainsi je me trouvai absolument contraint à accepter un logement sous son toit. Il dit à Zillah de me donner un verre de brandy, puis passa dans la chambre, pendant qu’elle murmurait ses condoléances sur ma triste aventure ; et, lorsque j’eus obéi à ses ordres, ce qui eut pour effet de me faire un peu revivre, elle me conduisit me coucher.


CHAPITRE III


Pendant qu’elle m’accompagnait dans l’escalier, elle me recommanda de cacher la chandelle et de ne pas faire de bruit, parce que son maître avait des idées étranges sur la chambre où elle voulait me mettre et ne consentait pas volontiers à y laisser loger quelqu’un. Je lui en demandai la raison. Elle répondit qu’elle ne savait pas : elle n’était dans la maison que depuis un an ou deux ; et les