Page:Brunet - Le mariage blanc d'Armandine, contes, 1943.djvu/45

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Un soir, Joseph arriva, sombre, et pourtant très sobre :

— Maman, vous allez être obligée de me prêter cinquante piastres.

— T’es fou, mon garçon. Le petit peu qui me reste, je le garde pour le séminaire de Frédéric.

— Il le faut, maman. Autrement, je vais être arrêté…

Apparemment, il avait emprunté à la caisse, le patron s’en était aperçu, et il ne lui laissait que vingt-quatre heures pour s’acquitter. Il va sans dire que Joseph perdait sa place en outre. Enfin, le mélodrame vulgaire.

— Voleur ! voleur ! Ce n’est pas rien que ta mère que tu voles, c’est ton frère, c’est l’Église que tu voles. Ah ! si c’était pas de Frédéric, je te laisserais aller en prison, ce serait bien bon pour toi, c’est tout ce que tu mérites.


Elle alla elle-même remettre l’argent au patron, et, ensuite, consulter son cousin, le vicaire. Joseph était visiblement un malade. Du reste, il toussait. Le médecin avait déjà parlé de tuberculose. Ainsi, le vicaire et madame Royer réussirent à le faire entrer aux Incurables. Joseph regimba. Le vicaire n’eut qu’à dire :