Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 2.djvu/132

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Les empreintes récentes sont sur une plus grande échelle.

Fig. 1. Ornithichnites giganteus. Un grand nombre de traces de cette espèce se trouve à Mount-Tom, près de Northampton (États-Unis).
Fig. 2. O. tuberosus. On voit sur un même bloc des portions de trois traces, et une empreinte isolée faisant

    (Voy. pl. 26b, f fig. 2.) Les empreintes de ces appendices ressemblent à celles de plumes raides, ou de grosses soies qui semblent s’être enfoncées dans la vase et le sable à une profondeur de près d’un pouce. Les doigts pénètrent très profondément, et autour de leurs empreintes la boue s’est soulevée de manière à former une élévation de plusieurs pouces, comme celle qui se forme autour de l’empreinte du pied d’un éléphant sur l’argile. La longueur de l’enjambée de cet oiseau semble avoir quelquefois atteint jusqu’à six pieds. Dans les autres traces les enjambées sont moins longues, et la plus petite empreinte rappelle un pied qui n’aurait qu’un ponce de longueur avec une enjambée de trois ou quatre pouces. (Pl. 26a, fig. 2, 3, 5-11)

    Dans les différentes traces la longueur des enjambées croît avec la grandeur du pied ; elle est beaucoup plus grande proportionnellement que celles des oiseaux de notre époque, d’où l’on peut conclure que les oiseaux anciens avaient les jambes plus longues qu’aucun des échassiers modernes. Des enjambées de quatre pieds, par exemple, indiquent avec probabilité une jambe de six pieds.

    Dans l’autruche d’Afrique, dont le poids est de cent livres, et dont la hauteur est de neuf pieds, la jambe n’a qu’environ quatre pieds de long, et la longueur du pied n’est que de dix pouces.

    Toutes ces traces semblent avoir été faites sur le bord d’une eau basse, sujette à changer de niveau, et dans laquelle se déposaient alternativement des sédimens de sable et de vase ; et la longueur des jambes de ces oiseaux, que l’on peut conclure de la distance qui sépare les empreintes de leurs pieds, était bien en harmonie avec cette circonstance. On n’a pas encore trouvé de traces d’ossemens, excepté d’ossemens de poissons (palœothrissum), dans la roche où l’on rencontre ces empreintes, qui sont du plus haut intérêt pour les palœontologistes, puisqu’elles établissent l’existence d’oiseaux à l’époque ancienne de la formation du nouveau grès rouge, et qu’elles démontrent que les plus anciennes formes de cette classe d’animaux atteignaient dans quelques cas des dimensions bien plus grandes que celles des plus grandes espèces actuellement existantes, et qu’elles étaient constituées plutôt pour marcher et pour courir que pour voler.