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exploitation forestière

lions de francs par année, et cela sans tenir compte du bois qui pourrait repousser dans l’intervalle.

* * *

Quoique le marchand de bois s’avance de plus en plus, d’année en année, dans les forêts, il n’a pas encore atteint cependant la source des rivières Saint-Maurice, Saguenay et de leurs tributaires, ni celles des rivières de la vaste péninsule gaspésienne.

Au reste, si l’exploitation change la valeur de la forêt, elle n’en modifie guère l’aspect. Les spéculateurs ne la saccagent pas autant qu’on serait porté à le croire ; les frais de transport étant énormes, ils n’abattent que des arbres choisis sur de grands espaces ; tout le reste demeure intact, et l’œil n’aperçoit d’abord aucune différence entre les portions exploitées et celles où le bûcheron n’a pas encore promené sa hache.


V


La vallée de l’Outaouais, dans son cours supérieur, est la plus riche de toutes les régions forestières canadiennes. À elle seule, elle fournit les trois cinquièmes des bois de toute la province ; tous les ans elle occupe près de dix mille ouvriers forestiers, sur une armée d’environ trente-cinq mille bûcherons répandus dans les chantiers.

« Le spectacle de la ville basse d’Ottawa et de la ville de Hull, qui lui fait face, de l’autre côté de la rivière, est édifiant à cet égard. Ce ne sont, sur les rives, que chantiers immenses de bois façonné ; dans