Page:Buies - La presse canadienne-française et les améliorations de Québec, 1875.djvu/13

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Messieurs, il n’y a que des sciences pratiques. La science nous enveloppe de toutes parts, chacun en voit tous les jours l’application multipliée : c’est à elle que le monde moderne demande sans cesse de nouveaux développements, de nouveaux essais, elle est, dans tous les pays, le premier objet des gouvernements et des maisons d’éducation ; la négliger, c’est se mettre complètement en dehors des nécessités actuelles ; eh bien ! la science, chez nous, est non seulement négligée, mais elle est pour ainsi dire dédaignée, méconnue. Où sont nos cours spéciaux pour former des géologues, des minéralogistes, des chimistes, des géographes, des ingénieurs ? où sont nos cours d’histoire, de l’histoire, cette science qui, grâce à la critique et aux découvertes modernes, a secoué ses vieilles légendes et les puérilités innombrables qui en composaient autrefois presque tout le fond ? Sans aller aussi loin, ne peut-on pas demander si, dans nos maisons d’éducation classique, on donne seulement une teinte sérieuse de géographie ou d’histoire. Eh bien ! la géographie, Messieurs, est aujourd’hui la science la plus indispensable pour celui qui se mêle d’écrire dans les journaux, à cause des nombreuses relations qui s’établissent entre les peuples et des découvertes qui se font tous les jours ; il en a besoin pour ses dépêches télégraphiques, pour ses nouvelles de l’extérieur, pour les questions éventuelles qui se présentent souvent, quand ce ne serait que pour éviter de faire les énormes bévues que vous pouvez voir presque chaque jour dans nos journaux où l’on ne se fait pas faute de bouleverser la carte du monde. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que le gouvernement, soit local, soit fédéral, n’ait pas trouvé en Canada un homme propre à envoyer au congrès géographique dont je vous parlais en commençant ; l’un ou l’autre n’y a même pas songé, il n’a pas soupçonné seulement l’intérêt ou la valeur d’une question géographique, à l’exception peut-être de l’hon. M. Letellier