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québec en 1900


un monde allait surgir du sein de ce vaste espace désert jusque là regardé comme inhabitable autant qu’il était inhabité.

II

Et maintenant, la face de ce monde amené au jour par la Cie du Lac Saint-Jean change sans cesse sous les yeux. À la vie s’ajoute la vie. Une immense artère pleine de sang, longue de deux cents milles, a traversé cette étendue profonde, jusque là muette, et a distribué de tous côtés le mouvement, l’activité, la circulation que rien n’interrompt désormais. L’homme se porte à tous les endroits habitables et exploitables qu’il découvre le long de la ligne, et c’est ainsi que s’est formé enfin depuis quelques années un arrière-pays, a back-country pour la ville de Québec, qui n’en avait pas eu jusque là.

Croyez-vous que c’est tout ? Eh ! Grand Dieu ! Nous n’en sommes encore qu’au commencement. C’est à partir d’aujourd’hui que nous allons assister à l’éclosion pleine et entière des vastes plans que la Compagnie a commencé à nourrir, le jour où elle a vu que la construction assurée de la ligne jusqu’au lac Saint-Jean lui mettait enfin un instrument puissant entre les mains, et qu’elle pourrait tenter l’exécution des développements admirables qui sont la conséquence et une suite naturelle des projets primitifs. Ces développements, il était impossible de les prévoir à l’origine, mais l’on verra jusqu’à quel point ils sont logiques et se présentent naturellement, quand on réfléchira combien, dans toute œuvre bien conçue et bien conduite, les conséquences se suivent les unes les autres jusqu’à ce que le terme inévitable soit atteint.