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québec en 1900

de la confédération des provinces ; c’est qu’il est, bon gré mal gré, le point d’arrivée et de départ de la navigation océanique, quand bien même on creuserait le chenal Saint-Pierre jusqu’aux entrailles de la terre, quitte à recommencer encore deux ou trois ans après, parce que le chenal se remplit encore bien plus vite qu’on ne le creuse. C’est encore parce que Québec se trouvera sur la ligne des grandes communications futures, lorsqu’un pont aura été jeté de sa rive à celle de Lévis pour le relier au reste du continent américain, lorsqu’aura été construit le chemin de fer du Labrador, qui est aujourd’hui une éventualité presque certaine, et lorsque les nécessités impérieuses du commerce et le progrès en toutes choses auront fait trouver le moyen de donner deux ou trois mois de plus par année à la navigation océanique. C’est enfin parce que Québec sera devenu le terminus et le port d’expédition d’une voie ferrée, celle du Parry Sound et du Grand Nord réunis, qui ne comptera pas moins de 550 milles de longueur, tout en étant de beaucoup la plus courte pour le transport du grain de l’Ouest et du bois de tout le nord d’Ontario, où il y en a des quantités incalculables, — encore inexploitées, par suite de l’absence de cours d’eau. Et pour démontrer que je n’avance en ce moment rien qui ne soit fondé sur les faits, je dirai que le Canada Atlantique, qui avait fait des arrangements pour s’assurer un port d’hiver à New London, dans le Connecticut, a demandé à la Compagnie du Lac Saint-Jean si elle serait disposée à établir une ligne de steamers entre Québec et l’Angleterre, lui offrant à cette condition de lui apporter tout son fret d’exportation, tant que la navigation sera ouverte, ne se réservant le port de New London que pour ses expéditions d’hiver.