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québec en 1900

Et plus loin, j’ajoutais :

« Avant une trentaine d’années il est bien certain que tout le rivage du lac Saint-Jean sera bordé de groupes de villas et fréquenté par plusieurs milliers de touristes qui s’y rendront chaque année pour faire la pêche et pour canoter sur cette grande nappe d’eau de douze lieues de longueur, dont on ne voit pas la rive opposée, en quelque endroit qu’on se place. On y trouvera aussi de grands hôtels en style américain, avec larges galeries, pavillons, belvédères, jardins jetant à l’air mille parfums variés. »…

Eh bien ! messieurs, il y a vingt ans seulement que je faisais entendre cette voix dans ce qui était et ce qui fut longtemps encore après un désert, et déjà tout ce que j’avais entrevu s’est réalisé, s’est réalisé bien avant le jour que je l’avais rêvé moi-même, grâce au travail indomptable de la Compagnie du Lac St-Jean.

C’est elle qui a ressuscité ce peuple qui se mourait de découragement et d’inanition ; elle lui a rendu la vie, a introduit un sang nouveau dans ses veines, lui a imprimé un élan qui se traduit par toute sorte de progrès et d’entreprises, et nous a doté pour ainsi dire d’une petite province qui est comme un organe essentiel dans le corps de la grande province de Québec. Deux des vallées dont je déplorais l’isolement, celle du Lac St-Jean et celle du St-Maurice sont déjà reliées entre elles par le chemin de fer des Basses Laurentides, et elles le seront doublement bientôt par une nouvelle ligne allant du lac Édouard à La Tuque. D’autre part, avant deux ans d’ici, la vallée du St-Maurice sera