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québec en 1900

de largeur, à l’endroit où cette rue fait un détour, en se rétrécissant des deux-tiers, et où l’on a jugé à propos, comme de juste, d’installer côte à côte le bureau de la Traverse, le dépôt de l’Intercolonial, les salles d’attente et de fret du Québec Central, et une station de cochers plus considérable que toutes les autres stations de la ville ? Et maintenant, voici que les trains du Pacifique vont y passer à leur tour. Comment feront-ils ? C’est ce qu’on se demande.

L’été, quand les bateaux de la traverse déposent à cet endroit les voyageurs de l’Intercolonial, du Québec Central et autres, venant de toutes les directions, avec leurs malles, leurs effets quelconques, sans compter les voitures chargées qui viennent de Lévis ou qui s’y rendent, il n’y a absolument pas moyen de se retourner. C’est une confusion, une cohue et un embarras inexprimables. Ce n’est qu’avec peine et misère qu’on y arrive à se frayer un chemin, après avoir beaucoup attendu, et en courant le risque de voir sa voiture s’accrocher à une dizaine d’autres. Tout cet espace-là, où viennent aboutir tant de gens et de choses à la fois, appartient à messieurs les voituriers et charretiers de cette excellente localité. Ils sont là chez eux, ils s’emparent du terrain et nul ne peut éviter leurs obsessions et leurs circonvolutions autour de sa personne. Ils bloquent la rue aux trois quarts ; et, non contents de cela, ils vont encore jusqu’à traverser à Lévis pour y tympaniser et y circonvenir les voyageurs à leur descente des trains.

Sont-ce là, oui ou non, des choses à tolérer dans un pays civilisé, et allons-nous permettre à de pareils abus de fleurir encore bien longtemps ? Qu’est-ce que c’est donc le samedi,