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québec en 1900

années. La construction de l’hôtel et de l’élévateur ne sont que des incidents, des symptômes précurseurs ; ce sont des effets et non pas des causes, et bien naïf celui qui les envisagerait comme des points de départ indépendants de circonstances impérieuses, et comme des créations dues à un esprit d’entreprise aventureux qui cherche simplement des champs nouveaux où s’exercer. Non, ces constructions ne sont que des résultantes, mais elles indiquent clairement et victorieusement à tout esprit tant soit peu observateur ce qu’il y a en réserve derrière elles et de combien de conséquences nombreuses elles vont être suivies.

Laissez-moi donc vous dire, Messieurs, et je crois en avoir le droit au point où nous en sommes arrivés de l’exposition que je viens de faire devant vous, laissez-moi donc vous dire, et cela sans hésitation, sans crainte d’amener sur vos lèvres le plus léger, le moins incrédule sourire, que Québec va devenir un de ces grands entrepôts que je vous signalais il y a un instant, une des grandes villes du continent américain, un de ses principaux ports d’expédition. D’ici à un quart de siècle nous allons voir toute la rive de Beauport, jusqu’à la chute Montmorency, se border de quais, et la chute elle-même devenue le grand pouvoir actionneur d’une foule d’industries, de l’éclairage et du chauffage de la région environnante, des moulins où se fera la mouture du blé de l’Ouest, des scieries, des fabriques en général, de tout enfin se qui offrira à la population de Québec quintuplée un champ de travail et d’entreprise.

Messieurs, je ne me berce pas à plaisir d’illusions, ni ai-je