rance aurait-elle, comme on l’a prétendu, hâté l’explosion de son mal, cette paralysie sur les causes de laquelle il nous reste à nous expliquer ? Nous en sommes beaucoup moins persuadé que naguère, à la suite d’une information plus attentive. Mais c’est toute une observation clinique que nous avons à reconstituer.
De bonne heure, nous l’avons noté, Baudelaire avait senti « se tordre en lui des hérédités douloureuses ». Plusieurs de ses parents avaient succombé à la paralysie, notamment son frère, Claude, qu’une attaque avait frappé à l’âge de 55 ans[1].
Avant de devenir lui-même hémiplégique, et aphasique, Baudelaire avait présenté des signes prémonitoires du mal qui devait le terrasser. Nous ne parlons pas des migraines fréquentes qui le tourmentèrent[2], pas davantage de ses angoisses d’estomac, de ses palpitations de cœur[3], ou de ses troubles de l’intestin[4] ; ni, enfin, de ses accès de fièvre et de ses vertiges.
- ↑ Extrait d’une lettre de Mme Baudelaire, mère du poète : « Son frère est mort de paralysie… son père est mort d’une horrible convulsion, occasionnée par la douleur d’un ulcère à la vessie, que les médecins ignoraient et qui a percé. Ils le traitaient pour d’autre chose, la goutte, la gravelle… » Mercure de France, 1er février 1905, 340.
- ↑ Ch. Baudelaire, Lettres (1841-1866) ; Paris, 1906 (cf. pp. 71, 78, 409, 478, 489).
- ↑ Op. cit., 368.
- ↑ Id., 382, 403.