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Page:Cabanès - Grands névropathes, Tome I, 1930.djvu/53

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versée par six grandes crises de dépression mélancolique, entre lesquelles se placent des périodes de suractivité productive, qui correspondent à des crises d’excitation. Dans les dernières années, l’œuvre, inégale et tourmentée, du grand artiste, reflète des oscillations plus marquées dans l’activité psychique, qui est manifestement diminuée ; puis apparaît du délire hallucinatoire, une tentative de suicide, et Schumann succombe à une encéphalite diffuse, de nature mal déterminée[1].

La vie de Gérard de Nerval, de Maupassant, de Nietzsche, de Schopenhauer, nous fournirait des traits analogues. Pour ces deux derniers, notamment, c’est à se demander si « le stimulant pathologique d’un bacille ou d’une spirille congénitale[2] » n’est pas pour quelque chose dans la genèse de leur talent.

Ici nous touchons au vif de la question : sans nier que l’art s’alimente à des sources parfois impures, s’il s’écarte, dans certaines circonstances, des voies tracées, s’il s’étend jusqu’aux confins de l’extrême fantaisie et côtoie même l’abîme où sombre la raison, n’allons pas en déduire que l’état morbide soit indispensable à l’élaboration psychique. Il peut être

  1. Dupré et Nathan, Congrès des Neurologistes et Aliénistes, 1907 ; cf. Chronique médicale, 1er février 1908.
  2. Cf. Léon Daudet, L’Hérédo, essai sur le drame intérieur, pp. 51 et s.