Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/84

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Il était à se demander comment il pourrait faire, sans argent, pour atteindre son but ignoble, quand son père vint lui dire qu’il devait choisir une carrière.

Le père Lormier, en proposant à son fils d’aller à Montréal, donnait donc à celui-ci le moyen et l’occasion de réaliser le rêve infâme qu’il caressait depuis quelques jours ! Le misérable jubilait intérieurement.

Il prit sa canne et sortit en sifflant un motif d’opéra.

Il rentra au logis vers onze heures, et vit de la lumière dans la chambre de son frère.

Tiens ! se dit-il, mon fou de Jean-Charles qui jongle encore avec ses livres ? Je vais entrer le taquiner un tantinet avant de me coucher…

— Bonsoir, Jean-Charles ! lui dit-il joyeusement, en lui tapant sur l’épaule.

— Bonsoir, Victor !

Qu’est-ce que tu lis là : l’A. B. C., sans doute ? Et en disant cette sottise, il jette un coup d’œil sur le livre ouvert et les feuillets écrits que Jean-Charles a devant lui.

— Quoi ! s’écrie-t-il, tu traduis le latin maintenant ?… Parbleu ! elle est bonne celle-là !

Et il éclate de rire.

Jean-Charles ne répondant pas, Victor continue sur le même ton :

— Ah ! c’est pour apprendre le latin que, depuis plusieurs semaines, tu suis régulière-