Page:Caouette - Le vieux muet ou un Héros de Châteauguay, 1901.djvu/88

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qu’il est disposé à mieux faire, aidons-le de toutes nos forces. »

Toute la famille allait s’ennuyer de l’absent ; mais celui-ci promettait d’écrire, d’écrire souvent, et de tenir sa famille au courant de ses affaires… de ses succès ! Enfin, on se saigna à blanc pour acheter de beaux habits à Victor.

Jean-Charles, au départ, lui glissa dans la main le fruit de ses épargnes ; et le clerc notaire quitta Sainte-R… en versant une larme hypocrite sur les mains de sa mère défaillante…

J’ai de l’argent… et je suis libre ! pensa Victor, en s’étendant sur le siège moelleux de la diligence… Et il se prit à savourer par anticipation tous les plaisirs que l’argent et la liberté peuvent procurer à un cœur corrompu !

Il arriva à Montréal le même jour, vers 5 heures de l’après-midi. Il appela un cocher et se fit conduire chez la cousine Françoise, Mme veuve de Courcy, qui habitait une assez jolie maison située sur la rue Saint-Denis.

Mme de Courcy était une femme de soixante ans, aux manières affables et au cœur très charitable. Elle vivait seule avec une vieille fille, qui était à son service depuis trente ans.

Dans l’espace de dix-huit mois, un double