Page:Carmontelle - Proverbes dramatiques, Tome 4.djvu/232

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Le CHEVALIER.

Non, il n’a même jamais dû se faire.


Mlle DE PÉRAUDIERE, avec joie.

Je ne vous comprends pas, se pourroit-il…


Le CHEVALIER.

La contrainte où vous m’avez fait vivre depuis deux mois, l’excès de précaution & de prudence que vous avez exigée de moi, tout cela m’a tourné la tête ; je me suis cru à la veille de vous perdre.


Mlle DE PÉRAUDIERE.

Comment ?


Le CHEVALIER.

J’ai vu tant de fois des Demoiselles, avec beaucoup d’amour, ne pouvoir pas résister à leurs parens, & prendre le parti d’éloigner d’elles, sous quelque prétexte, leur amant, pour éviter leurs reproches, & se rendre plus capables d’obéir à ce qu’on exigeoit d’elles, que j’ai craint que vous n’employassiez ce moyen pour consentir à me perdre.


Mlle DE PÉRAUDIERE.

Ah ! Chevalier ! vous m’avez cru capable de vous abandonner ?