Page:Carnet de guerre d'Emile Chollet.pdf/43

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12/2-17 Germaine.

moment c’est tranquille. Il fait toujours très chaud, le vent se lève, et… la poussière aussi.

Nous n’avons pas de lettres xxxxxxx depuis six jours c’est bougrement long ! Va-t-on en avoir ce soir ? J’ose l’espérer.

D’ici quelques jours je crois que l’on va quitter ce coin, ça n'est pas du luxe ! car les obus tombent tout de même un peu près ! Mais où va-t-on mystère ! Est-ce un autre secteur comme celui-là près des lignes, où l’arrière ?

Je trouve une excuse aux Bulgares lorsqu’ils tirent sur Monastir.

Mais hier ces saligauds là ont lancés des 88 sur les civils qui travaillent dans les champs, et il y en avait énormément groupés au même endroit surtout des femmes, quels cris tous ce monde-là poussait lorsque ça leur a tombé dessus ! il y a eu des gens touchés. — ça c’est dégoûtant car ils se sont bien rendu compte que ça n’étaient pas des soldats.


7 avril. Hier soir deux lettres seulement, de Papa Maman et Marcelle. J’espère ce soir en avoir davantage, et au moins une de Mademoiselle Germaine.

Cette nuit encore, on a annoncé trois morts dans l’Eglise ; tant mieux que l’on parte car ça n’est guère amusant (quoique l’on n’y fasse guère attention) de coucher avec les morts et depuis que nous sommes ici, chaque nuit il n’y en a un.