Page:Carnet de guerre n°2 d'Alexandre Poutrain.pdf/156

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jours seul dans cette partie de la brasserie. C’est lui qui alimente le générateur et le concasseur, les allemands ne le surveillent pas. « Vous pourriez m’écraser du blé ? — Certainement si vous pouvez me l’amener. »

Je décide de tenter l’aventure, et de le faire en plein jour, pour ne pas avoir l’air de me cacher. J’arrive vers quinze heures, avec quarante kilos de blé sur ma brouette. Au dessus de ce sac, j’ai jeté négligemment un second sac. En entrant dans la cour de Morel, je croise le commandant. Je pose ma brouette pour le saluer ; il me répond sans s’arrêter. Sous les fenêtres du bureau, le feldwebell me voit passer. Qui pourrait penser que l’on fait de la fraude d’une façon si ostensible ? Peu apres je rentrai à la maison avec la farine.