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prix des charges.

prix que coûtèrent en réalité les charges de justice souveraine au début du xvie siècle ; une pièce de 1609 le montre d’une façon péremptoire. Par contrat passé au mois de mai de cette année devant Berthelot et Mahé, notaires à Rennes, Jean d’Erbrée, sieur de la Chaise, se démit de sa charge de conseiller en faveur de René Martin, sieur de la Balluère, pour le prix de quarante mille livres. René Martin fut reçu conseiller le 13 novembre suivant [1]. Sans doute, le prix des offices, comme celui de toute marchandise, devait être soumis aux lois de l’offre et de la demande, et l’on peut supposer que les conseillers ne tiraient pas toujours quarante mille livres de leurs charges ; mais il n’en est pas moins fort curieux qu’il ait pu se trouver en 1609 un résignataire pour payer aussi cher son office. L’office de conseiller, qui se transmettait dans la famille des Descartes, fut estimé seulement trente-six mille livres dans le contrat de mariage de Joachim Descartes, en 1632, et dans l’inventaire de la succession de son père, en 1641[2]. On serait tenté de croire qu’il n’y aurait pas eu de renchérissement des charges souveraines à Rennes de 1609 à 1632. Il vaut mieux dire que l’office de Descartes n’était pas estimé à un haut prix par la famille elle-même, ou que le prix des offices variait d’une façon étrange. En 1639, René du Plessis de Grenedan, conseiller et commissaire aux requêtes, vendit son office soixante-quatre mille livres à François Clisson [3] ; en 1641, Jacques Denyau, sieur des Rochers, qui était, lui aussi, con-


    enquêtes et aux requêtes à trente mille livres, etc. — Offices de la chancellerie du Parlement de Rennes : Audienciers, huit mille livres ; contrôleurs, six mille livres ; payeur des gages, deux mille livres.

  1. Archives de la Cour de Rennes : Berthelot et Mahé, notaires à Rennes.
  2. Archives d’Ille-et-Vilaine, série E. (Fonds de Pire.)
  3. Archives de la Cour de Rennes : Pinot et Rogrer, notaires à Rennes.