Page:Carton de Wiart - Mes vacances au Congo, 1923.djvu/73

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.

57
mes vacances au congo

près des " bars " et des " stores " que fait champignonner toute agglomération naissante de prospecteurs et de pionniers, quelques bâtiments rudimentaires, quelques habitations en tôle gondolée, ou encore quelques " bungalows " plus prétentieux et quelques constructions plus solides à destination officielle, le tout s’alignant à la diable au long de chemins poussiéreux destinés peut-être à devenir des rues.

À Elisabethville, rien qui sente le " Far-West " ou les tristes banlieues de tant de grands centres industriels de l’ancien ou du nouveau monde… Une ville accueillante et coquette, où de belles avenues bien tracées et régulièrement plantées s’égaient de maintes habitations élégantes encadrées de jardins fleuris. Voici la cathédrale romane, déjà flanquée de son campanille et de son baptistère. Presque tout le « gros œuvre » en est achevé, et l’édifice promet d’être du meilleur goût. Voici des « cottages » qui font penser à ceux de Boitsfort ou des Espinettes. Ces magasins étonnamment approvisionnés et dont les vitrines se louent chacune à mille francs par mois, qu’ont-ils à envier à ceux de notre Mont-des-Arts ? À suivre ce nouveau boulevard, ne se croirait-on pas à Spa plutôt qu’au cœur de l’Afrique ? N’est-ce pas un paysage d’Ardenne qui déploie là-bas ses crêtes boisées et superposées, devant la terrasse du Palais du gouverneur ?

Joseph Prudhomme s’étonnait qu’on ne construisit pas les villes à la campagne. « Il y fait plus sain », disait-il. Ici, son vœu a été réalisé autant gu’il peut l’être. C’est un type de cité-jardin qu’Elisabethville. Et lorsque ses quartiers indigènes auront été