Page:Casgrain - Légendes canadiennes, 1861.djvu/285

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La Matshi Skouéou, — disaient les récits populaires, — est en rapport avec le Mauvais Esprit.

Sa puissance égale celle de la Sirène aux cheveux tordus qui révèle sur les rivages des mers du Sud, les gisements des placers d’or et des bancs de perles.

Jamais on ne l’a vue de jour.

On dit que dans les ténèbres ses prunelles d’un vert glauque, étincellent comme la braise et que les lueurs sinistres et blafardes qu’elles lancent, fascinent comme le serpent ou l’abîme.

Une rivière de cheveux, noirs comme l’aile des huards, inonde sa tête toujours couronnée de fleurs de glaïeuls, et jaillit en cascades jusque sur ses épaules.

Son teint de cuivre, sa peau écailleuse, le rire sardonique qui crispe sa