Page:Casgrain - Légendes canadiennes, 1861.djvu/289

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grenouilles, s’élèvent du sein des plante aquatiques.

Voix surnaturelles qui semblent surgir du fond des eaux ; — incantations mystérieuses, d’abord indécises, puis s’élevant peu à peu, et se prolongeant sur les flots en mélodie tour à tour suave comme des voix d’enfants, ou voilée comme la brise du soir parmi les halliers ; — mais parfois aussi, éclatante et terrible, comme le rugissement de l’ours blessé, ou comme le roulement du tonnerre ou des cataractes.

Quelquefois aussi, quand l’ouragan des équinoxes rugit et tord la forêt par les cheveux, elle pose son pied, plus léger que celui des vaporeuses ossianides, sur l’écharpe des brumes dont la montagne enveloppe alors son épaule de pierre.

On dit que pendant ces délires de la nature, on la voit voltiger sur la crête