Page:Casgrain - Légendes canadiennes, 1861.djvu/300

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Je sais que les Sauvages sont renommés pour la beauté de leur voix ; mais ces magiques accents n’ont rien d’humain, tant ils captivent et entraînent avec un irrésistible attrait.



En effet, c’était une sorte d’incantation fantastique qui empruntait à la sombre majesté de ces heures solennelles et à son origine inconnue un singulier caractère de merveilleux et de surnaturel ; — sorte de mélopée, tantôt plaintive et rêveuse, noyée de mystère et de mélancolie, ondulant sur la lame, flottant dans l’atmosphère et se perdant dans les plis de la brume, — soupirs infinis, — échos de voix d’anges, — rêves d’enfants au berceau, — chant des courlis ; — ou bien, vive et légère, découpée en frileuses dentelles