Page:Cennino Cennini - Traité de la peinture, 1858.djvu/135

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SIXIÈME PARTIE

ce travail est véritablement celui d’un gentilhomme, qu’on peut le faire vêtu de velours. Il est vrai que colorer sur panneau se fait exactement comme ce que je t’ai enseigné pour colorer à fresque, observant que l’on varie en deux choses : l’une est que l’on doit toujours faire les vêtements et édifices avant les visages ; la seconde, que l’on doit tempérer les couleurs avec du jaune d’œuf, mêlant bien, autant de jaune d’œuf que de couleur ; la troisième, que les couleurs doivent être plus fines, bien broyées et très liquides. Pour ton grand plaisir, commence toujours à travailler tes vêtements de laque de la même manière que je t’ai démontrée à fresque, c’est-à-dire laisse au premier degré sa propre couleur, puis prends deux parties de laque, une de blanc, et de ce mélange qui a reçu la tempera, fais-en trois degrés peu différents l’un de l’autre, bien encollés, comme je l’ai dit, et variés avec du blanc bien broyé. Alors place ton panneau devant toi, aie soin de le tenir toujours couvert d’un linge, par égard pour l’or et les plâtres, que la poussière ne puisse les abîmer, et que les mains qui touchent le travail soient bien propres. Puis prends un pinceau doux d’écureuil et commence par placer la couleur obscure, cherchant la partie des plis où doit se trouver l’ombre de la figure, et selon le moyen usité prends la teinte du milieu et couche les dos ou reliefs des plis obscurs, et conduis cette couleur jusqu’au relief lumineux de la figure. Ensuite prends la couleur claire, fais les reliefs dans la partie lumineuse, et de la même façon retourne de nouveau aux plis obscurs ; ainsi comme tu as commencé va plusieurs fois avec les couleurs susdites, tantôt de l’une, tantôt de l’autre, recouchant et remêlant ensemble d’une belle manière et fondant avec délicatesse. Pour ceci tu as le temps de te lever de ton travail, te reposer un peu et retourner