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TRAITÉ DE LA PEINTURE

des côtes et des ailes de la poule et du chapon : plus ils sont vieux, meilleurs ils sont. Dans l’état où tu les trouves sous la table, mets-les au feu ; et quand tu vois qu’ils sont devenus bien blancs plus que cendre, retire-les et broie-les bien sur le porphyre, comme je l’ai dit ci-dessus, et sers-t’en.

viii.00Comment il faut commencer à dessiner avec la pointe,
et avec quelle lumière.

Aussi l’os du gigot et de l’épaule d’agneau sont bons brûlés et préparés comme nous l’avons dit. Alors aie un stylet d’argent ou de cuivre, ou de n’importe quoi, pourvu que la pointe soit d’argent, fine, polie et belle. Puis commence, par exemple, à dessiner des choses aussi aisées que possible, pour former la main, et avec le stylet va sur la tablette si légèrement qu’on puisse à peine voir d’abord ce que tu commences à faire, augmentant les traits peu à peu, et en revenant souvent pour faire l’ombre. Aux extrémités que tu veux faire plus obscures, il faut revenir plus souvent, et au contraire sur les reliefs retoucher très-peu. Il faut prendre pour timon et pour guide de ce que tu peux voir, la lumière du soleil, celle de ton œil et ta main. Sans ces trois choses on ne peut rien faire de raisonnable. Place-toi, quand tu dessines, sous une lumière tempérée ; que le soleil te batte du côté gauche. Préparé de cette façon, tu peux commencer à te risquer sur le dessin, faisant peu chaque jour pour ne pas te dégoûter et te rebuter.

ix.00Comment tu dois distribuer ta lumière en clairset obscurs sur
tes personnages, leur donnant ainsi le relief.

Si par hasard, quand tu dessines ou copies dans des chapelles, ou colores dans des lieux peu favora-