Page:Châtillon - Promenade à l’île Saint-Ouen-Saint-Denis, 1857.djvu/9

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Passez outre. — Il me plaît, à moi,
De professer bien haut ; ma foi,
Mon admiration insigne
Pour l’homme qui pêche à la ligne :
On n’en peut trop parler, je croi.

— En plein soleil et près d’un saule.
Avec son panier et sa gaule,
Et son sac et son grand chapeau ;
Debout, le bras tendu sur l’eau
Et sans souffler une parole ;

Voyez ! — ce Terme est un pécheur,
Un persévérant, un chercheur :
Saluez cette âme choisie ;
Cet homme plein de poésie…
— Au pêcheur à la ligne, honneur !

Honneur aux pêcheurs à la ligne,
(Dont je suis un confrère indigne ;)
Patients, nous sommes des forts !
Et pêcheurs, nous ornons les bords
Comme une grappe orne une vigne.

À notre place on peut nous voir
Depuis le matin jusqu’au soir,
Étendant un bras en silence ;
Ne prenant rien… par la non-chance
Mais le cœur toujours plein d’espoir.

Nous sommes tous d’humeur tranquille
Et ne faisons nul bruit dans l’île :