Page:Chézy - Anthologie érotique d’Amarou.djvu/10

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que son ame a passé successivement dans le corps de cent femmes, et que c’est dans ces diverses transmigrations qu’il a été initié à tous les mystères de l’Amour.

Ce conte agréable prouve du moins le cas que ses compatriotes font de ses poésies, et milite en faveur de l’extrême vérité, du naturel exquis avec lesquels il a su rendre toutes les nuances d’une passion qui, à ce qu’il paraît, est aussi vivement sentie sur les bords du Gange, que sur ceux de la Seine.

Nous pensons que le lecteur français partagera l’admiration que les Indiens ont vouée à leur poète favori, et que, tout en rejetant le récit relatif aux transmigrations d’Amaroû, il reconnaîtra au moins que son ame a joué un grand rôle dans cette affaire-là.

Ne dirait-on pas en effet que c’est l’Amour lui-même qui a fondu les teintes de ses tableaux ? Quelle vérité d’expression, quel brillant coloris, quelle chaleur dans les scènes variées qu’Amaroû présente tour à tour à nos regards !…

Certes, si jamais ce mot célèbre : Ut pictura poesis, peut recevoir une application frappante, c’est, sans aucun doute, au sujet de ces ravissans tableaux, si pleins d’action et de vie, et dans lesquels il est impossible de ne pas reconnaître une touche excessivement spirituelle, et une originalité des plus piquantes.