Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/102

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE CIIAMFORT. f) I

que son successeur lui offrît les mêmes facilités, gardait M. de Choiseul, malgré les intrigues de madame Dubarri.

— M. Harris, fameux négociant de Londres, se trouvant à Paris dans le cours de l’année i -786, à l’époque de la signature du traité de commerce, disait à des Français : « Je crois que la France n’y perdra un million sterling par an que pendant les vingt-cinq ou trente premières années, mais qu’ensuite la balance sera parfaitement égale. »

— On sait que M. de Maurepas se jouait de tout; en voici une preuve nouvelle. M. Francis avait été instruit par une voie sure, niais sous le secret, que l’iispagne ne se déclarerait dans la guerre d’Amé- rique que pendant l’année lyHo. Il l’avait affirmé à M. de Maurepas; et une année s’étant passée sans que l’Espagne se déclarât le prophète avait pris du crédit. M. de Yergennes fit venir M. Francis, et lui demanda pourquoi il répandait cebruit. Celui-ci répondit : « C’est que j’en suis sur. » Le ministre, prenant la morgue ministérielle, lui ordonna de lui dire sur quoi il fondait cette opinion. M. Francis répondit que c’était son secret ; et que, n’étant pas en activité, il ne devait rien au gouvernement. Il ajouta que M. le comte de Maurepas savait, sinon son secret, au moins tout ce qu’il pouvait dire là-dessus. M. de Vergenne fut étonné ; il en parle à M. de Maurepas, qui lui dit : « Je le savais ; j’ai oublié de vous le dire. »

— M. de Tressan, autrefois amant de madame