Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/114

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DE CHAMFORT. Io3

— D.... s’étonnait de voir M. de L...., homme très-accrédité, échouer dans tout ce qu’il essayait de faire pour un de ses amis. C’est que la faiblesse de son caractère anéantit la puissance de sa posi- tion. Celui qui ne sait pas ajouter sa volonté à sa force, n’a point de force.

— Quand madame de F a dit joliment une

choseT bien pensée, elle croit avoir tout fait ; de façon que, si une de ses amies faisait à sa place ce qu’elle a dit qu’il fallait faire, cela ferait à elles deux une philosophe. M. de.... disait d’elle que, quand elle a dit une jolie chose sur l’émé- tique, elle est toute surprise de n’être point purgée.

— Un homme d’esprit définissait Versailles un pays où, en descendant, il faut toujours pa- raître monter, c’est-à-dire, s’honorer de fréquenter ce qu’on méprise.

— M.... me disait qu’il s’était toujours bien trouvé des maximes suivantes sur les femmes : « Parler toujours bien du sexe en général, louer celles qui sont aimables, se taire sur les autres, les voir peu, ne s’y fier jamais, et ne jamais lais- ser dépendre son bonheur d’une femme, quelle qu’elle soit. »

— Un philosophe me disait qu’après avoir exa- miné l’ordre civil et politique des sociétés, il n’é- tudiait plus que les sauvages dans les livres des voyageurs, et les enfans dans la vie ordinaire.

— Madame de.... disait de M. B «Il est hon-