Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/147

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nomma M. d’Estrade pour lui succéder; il mou- rut au bout du même terme : sur quoi Benserade dit : K On ne peut pas élever un gouverneur pour M. le duc de Chartres. »

— Un entrepreneur de spectacles ayant prié M. de Villars d’ôter l’entrée gratis aux pages, lui dit : « Monseigneur, observez que plusieurs pages font un volume. »

— Diderot, s’étant aperçu qu’un homme à qui il prenait quelqu’intérét, avait le vice de voler et l’avait volé iui-méme, lui conseilla de quitter ce pays-ci. L’autre profita du conseil, et Diderot n’en entendit plus parler pendant dix ans. Après dix ans, un jour il entend tirer sa sonnette avec violence. Il va ouvrir lui-même, reconnaît son homme, et, d’un air étonné, il s’écrie : « Ha ! Ha! c’est vous! » Celui-ci lui répond: « Ma foi, il ne s’en est guère fallu, n H avait démêlé que Diderot s’étonnait qu’il ne fut pas pendu.

— M. de..., fort adonné au jeu, perdit en un seul coup de dez son revenu d’une année ; c’était mille écus. Il les envoya demandera M...., son ami, qui connaissait sa passion pour le jeu, et qui voulait l’en guérir. Il lui envoya la lettre de change suivante: « Je prie M...., banquier, de don- ner à M...., ce qu’il lui demandera, à la concur- rence de ma fortune. » Cette leçon terrible et généreuse produisit son etfet.

— On faisait l’éloge de Louis xiv, devant le roi de. Prusse. Il lui contestait toutes ses vertus et ses