Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/150

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I)E crrAMFORT. i39

ayant publié iino savante dissertation sur le mont Etna, où il prouvait, d’après les dates des érup- tions et la nature de leurs laves, que le monde ne pouvait pas avoir moins de quatorze mille ans, la cour lui fit dire de se taire, et que l’arche sainte avait aussi ses éruptions. Il se le tint pour dit. C’est lui-même qui a conté cette anecdote au che- valier de la Tremblaye.

— Marivaux disait que le style a un sexe, et qu’on reconnaissait les femmes à une phrase.

— On avait dit à un roi de Sardaigne que la noblesse de Savoie était très-pauvre. Un jour plu- sieurs gentils-hommes, apprenant que le roi pas- sait par je ne sais quelle ville, vinrent lui faire leur cour en habits de gala magnifiques. Le roi leur fit entendre qu’il n’étaient pas aussi pauvres qu’on le disait. « Sire, répondirent - ils, nous avons appris l’arrivée de votre majesté ; nous avons fait tout ce que nous devions, mais nous devons tout ce nous avons fait. »

— On condamna en même temps le livre de V Esprit et le poème de la Pucelle. Ils furent tous les deux défendus en Suisse. Un magistrat de Berne, après une grande recherche de ces deux ouvrages, écrivit au sénat : « Nous n’avons trouvé dans tout le canton, ni Esprit ni Pucelle. »

— « J’appelle un honnête homme celui à qui le récit d’une bonne action rafraîchit le sang, et un malhonnête celui qui cherche chicane à une bonne action. » C’est un mot de M. de Mairan.