Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/178

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DE CIIAMFORT. 167

ridiome des bureaux, passa dans la langue com- mune, et que la nation avait d’avance bien payé. Un cri généra! s’élève contre le ministre accusé de déprédations et de complaisances aveugles pour une cour follement dissipatrice. L’indignation pu- blique n’eut plus de boines. Elle devint une arme formidable dans les mains du clergé et d*3 la no- blesse, que M. de Galonné voulait ranger parmi les contribuables, en attaquant leurs privilèges pécuniaires. Les deux ordres se réunirent contre le ministre. Le royaume entier retentit de leurs clameurs, auxquelles se joignit la clameur po- pulaire.

C’est alors qu’on reconnut tout l’empire de cette puissance nouvelle et désormais irrésistible, l’o- pinion publique. Elle avait précédemment en- traîné M, de Maurepas dans la guerre d’Amérique; et ce triomphe même avait accru sa force. On avait pu apercevoir, pendant cette guerre, quels im- menses progrès avaient faits les principes de la liberté. Une singularité particulière les avait fait reconnaître dans le traité avec les Américains, signé par le monarque ; et on peut dire que les presses royales avaient, en quelque sorte, pro- mulgué la déclaration des droits de l’homme, avant qu’elle le fût, en 1 789, par l’assemblée nationale. C’est ainsi que le despotisme s’anéantit quelquefois par lui-même et par ses ministres.

Observons de plus qu’en 1787, outre cette classe déjà nombreuse de citoyens épris des