Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/197

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1 Sf) ŒUVRES

dans la salle des Variétés, sous la garde des ci- toyens ; et le lendemain on les loge à l’hôtel de Genève. Des paniers suspendus aux fenêtres par des rubans reçurent les offrandes qu’on s’empres- sait d’apporter à ces guerriers patriotes. On fit reconduire un soldat prévenu de crime, le peuple déclarant qu’il ne prenait sous sa protection que ceux qui étaient victimes de leur civisme.

L’assemblée nationale, qu’une députation de jeunes citoyens instruisit de cet événement, se vit alors entre deux pièges. Placée entre le monarque et le peuple, compromise avec l’un ou l’autre si elle prenait un parti décisif, elle demanda au roi d’employer, pour le rétablissement de l’ordre, les moyens de la clémence et de la bonté. Le roi at- tacha la grâce des soldats délivrés, à la condition de leur retour dans les prisons de l’abbaye. On craignait au Palais-Royal quelque vengeance se- crète de la part des ministres et des chefs aristo- crates contre ces braves gens, s’ils redevenaient prisonniers. Eux-mêmes, inquiets de la forme dans laquelle était conçue la jiromesse royale, résistaient aux invitations de ceux qui étaient plus confians.

Cette cause fut agitée dans l’assemblée des électeurs, qui dès lors tenaient des séances pu- bliques à rhôtel-de-vil!e, séances dont bientôt devait dépendre le salut de la patrie. M. l’abbé Fauchet plaida éloquemment pour les soldats, et fit .sentir la nécessité de rendre à une sécurité en-