Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/198

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


I)F CHAMFORT. I 87

tière les gardes françaises dont la délivrance avait fait la joie publique. On proposa divers moyens : celui qui vint en pensée à M. l’abbé Bertolio eut la préférence et réussit. On arrêta une députation de douze membres à Versailles, qui s’engagèrent par serment à ne point rentrer dans Paris, que les soldats qui retourneraient à la prison n’en fussent ressortis, avec une pleine assurance de n’être jamais ni recherchés ni inquiétés pour cette cause. Ils n’hésitèrent point d y retourner. Les députés allèrent à la cour : mais, instruite de cette dé- marche, elle se hâta, pendant que la députation était en route, d’envoyer la lettre de rémission. Les députés revinrent le même jour à Paris em- brasser les soldats citoyens, qu’on s’empressa de féliciter. Cet événement fit sentir au peuple toute sa force, acheva de troubler les ministres, préci- pita leurs opérations insensées contre la capitale, et hâta le moment décisif où l’on devait anéantir le despotisme, et élever sur ses débris la souverai- neté nationale.

TROISIEME TABLEAU.

Première motion du Palais-Royal.

JL’histoire morale de la révolution nest pas d’un moindre intérêt que son histoire politique ; et si, dans la rapidité de tant d’événemens extraordi-